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mardi 22 décembre 2009 Canción del peregrino – L’hymne du pèlerin
L'hymne du pèlerin, normalement chanté en espagnol, mais ici traduite en français pour vous. Il ne s'agit pas d'une chanson officielle, seulement d'un hymne inventé par deux pèlerins lors de notre pèlerinage. Je me demande, même si j'en doute, si elle a survécu et si on la chante toujours...
 
Aussi, plus bas, un extrait - à notre arrivée à Compostelle - pour vous donner une idée! C'est sur l'air de La Bamba.
 
Para ser peregrino
Para ser peregrino
Se necesita unos buenos zapatos
Unos buenos zapatos y andar y andar
Hasta el fin del camino
Hasta el fin del camino
Por sendas y desvíos
Hasta el fin del camino
Caminaré, caminaré, caminaré

Coro
Peregrinos (x4)

Los pies me están matando
Los pies me están matando
Y tengo una ampolla
Que me voy curando
Que me voy curando con betadine
Y que me va de cine el alcohol de romero
Y el ibuprofeno
Y el ibuprofeno
Me curaré, me curaré, me curaré

(Coro)

Si no das donativo
Si no das donativo
Tendrás que dormir debajo de un pino
Debajo de un pino
Tendrás que pagar el menú peregrino
El menú peregrino
Va ya sablazo para el bolsillo
Para el bolsillo
Yo donaré, yo donaré, yo donaré

(Coro)

A las diez de la noche
A las diez de la noche
Se apagan las luces y sufren mis oídos
Sufren mis oídos
Y ni los tapones paran los sonidos
Son los ronquidos de los peregrinos
Cansaos del camino
Cansaos del camino
No dormiré, no dormiré, no dormiré

(Coro)

Llegando a Compostella
Llegando a Compostella
Recordaras todo lo que has vivido
Todo lo que has vivido
Junto con otros muchos peregrinos
¡Buen camino, buen camino, buen camino!

Pour être pèlerin
Pour être pèlerin
Il faut de bons souliers
Il faut de bons souliers et marcher et marcher
Jusqu'à la fin du chemin
Jusqu'à la fin du chemin
Par les sentiers et détours
Jusqu'à la fin du chemin
Je marcherai, je marcherai, je marcherai

Refrain
Pèlerins (x4)

Mes pieds sont en train de me tuer
Mes pieds sont en train de me tuer
Et j'ai une ampoule
Que je suis en train de soigner
Que je suis en train de soigner avec du betadine
Et qui me va de ciné, l'alcool de romero
Et l'ibuprofène
Et l'ibuprofène
Je me soignerai, je me soignerai, je me soignerai

(Refrain)

Si tu ne donnes pas de donativo
Si tu ne donnes pas de donativo
Tu devras dormir sous un pin
Sous un pin
Tu devras payer le menu du pèlerin
Le menu du pèlerin
Te donne un gros coup dans le portefeuille
Dans le portefeuille
Je donnerai, je donnerai, je donnerai

(Refrain)

À dix heures de la nuit
À dix heures de la nuit
Les lumières se ferment et mes oreilles souffrent
Mes oreilles souffrent
Et pas même les bouchons n'arrêtent les sons
Ce sont les ronflements des pèlerins
Fatigués du chemin
Fatigués du chemin
Je ne dormirai pas, je ne dormirai pas, je ne dormirai pas

(Refrain)

En arrivant à Compostelle
En arrivant à Compostelle
Tu te souviens de tout ce que tu as vécu
De tout ce que tu as vécu
Avec beaucoup d'autres pèlerins
Bon chemin, bon chemin, bon chemin!

 
Un aperçu
 
 
À noter, je ne garantis pas l'impécabilité de l'espagnol, ni de la traduction française! Aussi, c'est une des versions de la chanson, je sais qu'il peut exister des variantes!
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dimanche 20 décembre 2009 Compostelle, jusqu’au bout du monde : troisième partie
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Vers Santiago en Galice, l'atteinte du but

À partir de Léon, nous nous approchions lentement de la Galice, mais, surtout, nous sortions de la Mesa. Le jaune n'était plus infini, doucement il se faisait envahir par les autres couleurs. Nous retrouvions notre cher vert, vert végétaux, vert montagnard, vert sentiers forestiers. Puis le bleu rivière, le violet floral... même le gris brouillard nous l'accueillions avec une immense joie. Difficile en fait d'exprimer ces retrouvailles avec les paysages plus colorés, un mélange de pétillement, d'effervescence et de motivation renouvelée. Disons seulement qu'après plusieurs jours en teintes jaunâtres, ces toiles vivantes étaient plus que bienvenues. Et nous savions que nous entamions la dernière partie de notre pèlerinage vers Santiago, ce qui ne pouvait que participer à l'euphorie du moment.

En marchant vers la Galice, nous savions aussi que les risques de pluies abondantes augmentaient en flèche. Si la Meseta est un territoire sec et aride, la Galice est son contraire : végétation luxuriante, rigoles, montagnes et forêts. C'était le prix à payer pour récupérer les couleurs et les panoramas à couper le souffle. Nous étions conscient de tout cela, mais - peut-être vraiment cette étoile reçue à Carrión de los Condes nous protégeait-elle sur notre chemin - jamais nous ne recevrions une seule goutte de pluie sur la tête. Nous en sommes en fait venus à croire qu'il s'agissait d'une légende, et que jamais il ne pleuvait sur le chemin. Parce que ni l'un ni l'autre n'avions vu de pluie lors de nos deux pérégrinations.

À Hospital de Orbigo, l'intérieur se joignait à la beauté de l'extérieur. Dominique tenait particulièrement à s'y arrêter, pour que nous logions dans une petite auberge dont elle avait souvenir. Elle me fit donc entrer dans ce refuge magnifique, et je compris rapidement son désir d'y poser à nouveau son sac. Une cour intérieure présentant ses façades de chaux et de bois peint en bleu et une muraille magnifique exposant un pèlerin en pleine ascension donnait accès aux diverses salles communes et chambres. Un puit trônait au centre de cette cour, et on pouvait y trouver des fleurs et des fruits à partager entre pèlerins. Pour plus de soleil encore, nous pouvions nous rendre à la cour extérieure, assez vaste pour que des dizaines de pèlerins s'y étendent. C'était tout simplement magnifique.

À Astorga, alors que nous étions impatients de voir arriver Michèle, Patrick, Maurice et Carmen - nous leur avions laissé un mot sur un énorme carton sur le chemin, et nous avions hâte de voir s'ils l'avaient trouvé! - nous apprenions une très mauvaise nouvelle. Carmen n'était pas avec eux, car elle avait reçu un appel concernant son père qui l'avait obligé à renoncer au chemin pour retourner chez elle. Elle qui était partie de si loin, beaucoup plus loin que nous tous, avait du quitter à quelques jours seulement du but. Nous étions atterrés, tous les cinq, mais Maurice plus particulièrement, car il l'avait rencontrée en France et marchait avec elle depuis. Le chemin serait différent sans elle, mais nous décidions de continuer en son nom.

Après s'être arrêtés à Rabanal del Camino à l'Albergue El Pilar, nous traversions la noirceur puis la brume matinale pour tomber sur la Cruz de ferro, la croix de fer mythique du chemin. Selon la coutume, le pèlerin s'y arrête pour y laisser des pierres - ou tout autre objet symbolique qu'il porte sur son dos depuis le début de son pèlerinage - qui représente ses soucis et ses problèmes. En les laissant là, il recommence à neuf sa vie et laisse ses tourments derrière lui. La présence de cette croix ce jour là tombait bien, car j'étais dans un drôle d'humeur, me détestant pour des raisons qu'il serait trop long d'expliquer ici. Mais de la voir devant moi m'apaisait et me redonnait un peu de bon sens et d'espoir. Moi et Dominique nous étions préparé chacun quelque chose à y laisser, suivant la tradition. Comme je ne me sentais pas capable de me débarrasser d'un objet symbolique, j'avais écrit une lettre que je laissais entre deux pierres. Cette lettre parlait de ma quête, mais surtout me souhaitait courage et réponses. Dominique, elle, clouait la sienne sur la croix. Non sans un dernier regard à ce qui marquait une étape importante de notre camino, nous redescendions de la petite butte de cailloux et poursuivions notre chemin.

Vint la ronde des soupers communs. À Molinaseca, nous déposions nos sacs à l'auberge paroissiale où nous étions accueillis par un drôle de bonhomme qui ne nous fit payer que pour une seule personne, car, disait-il, il aimait bien les Québécois. Comme cet hôte avait quitté son poste dès lors que nous nous étions installés, nous nous retrouvions à convaincre les pèlerins passants devant l'auberge de s'y arrêter, tout le monde croyant que c'était fermé. À la fin de la journée, nous étions toujours très peu, et nous convenions tous de se préparer un bon souper à déguster ensemble. À la table, la Russie (Vicka) qui nous préparait de fabuleuses « Blim Chickies » - l'équivalent russe des crêpes -, la Hongrie (Sylard), l'Italie (Élisa), quatre cyclistes espagnols (Pablo, Guillermo, Carlos et Tony), deux Belges et leur bébé de dix mois - une histoire merveilleuse que la leur - , un Suédois (Pear) et le Québec, bien entendu. Comme tout le monde fêtait ensemble, chantant chacun à tour de rôle son hymne nationale, l'hôte nous offrit de fermer nous même l'auberge lorsque la fête serait terminée. Nous passâmes une mémorable soirée. À Vega de Valcarce, nous répétions l'expérience en préparant une pizza maison pour nous deux, Michèle, Patrick et Vicka. Nous profitions des dernières journées pour se retrouver entre amis, car tous le sentaient, cela tirait à sa fin, et personne au fond n'avait vraiment envie que cela se termine.

Le lendemain, nous montions O'Cebreiro, la deuxième plus importante dénivellation du chemin après les Pyrénées et entrions enfin en Galice. Malgré les difficultés physiques évidentes de cette journée, celle-ci aura toujours une place spéciale dans mon cœur. Suite à la vue de paysages d'une beauté et d'une grandeur inouïe, nous retrouvions avec surprise nos amis cyclistes au sommet, et, malgré le froid, déjeunions avec eux. Nous n'aurions pas dû les revoir, en tant normal, car les cyclistes sur le chemin sont beaucoup plus rapides que les randonneurs, mais les choses avaient ainsi été faites. Je me sentais touché par les dieux, au sommet de l'Olympe, et si j'avais été un peu morose les derniers jours, je regardais maintenant l'horizon avec le sourire et les yeux étincelants. Cette journée là, nous faisions plus de kilomètres que jamais - trente-quatre pour être exacte - tellement nous étions motivés et enchantés.

Rapidement, il ne restait plus que les derniers cent kilomètres à parcourir. Ces derniers efforts se déroulaient dans une ambiance tout autre que celle dans laquelle nous baignions précédemment. Les petits groupes de pèlerins s'étaient transformés en troupeau, car ces derniers kilomètres étaient fréquentés en masse par les touristes espagnols. Pour en rajouter, comme seuls les derniers cent bornes sont nécessaires pour obtenir la Compostella - le certificat du pèlerin -, s'ajoutait à cela des centaines de marcheurs - je n'oserais pas les appeler pèlerins - venu pour mettre un plus à leur curriculum vitae. L'achalandage était tel que nous devions partir encore plus tôt qu'à notre habitude pour s'assurer d'avoir une place à la prochaine auberge devant ce qu'on appelait les tourigrinos qui étaient arrivés en taxi ou en autobus et pour éviter d'avoir l'impression de faire partie d'une excursion scolaire. Heureusement, il y avait aussi sur ces dernières étapes la mascotte des auberges municipales à trois euros qui nous donnait l'opportunité de rire un peu. Semblant avoir été conçu par un enfant de quatre ans, ce bonhomme, que nous avions baptisé Jacobeo, était imprimé sur des pancartes tout au long du sentier. Chaque fois que nous le voyions, nous lui faisions dire des âneries enfantines... vraiment nous devions avoir l'air de deux fous, mais cela nous amusait beaucoup.

Finalement, les derniers jours de marche arrivèrent. Inconsciemment, nous les comptions, et le décompte à l'envers nous faisait peur. Nous finîmes quand même par atteindre Santiago. Santiago de Compostella, ou Saint-Jacques-de-Compostelle en français. J'aurais beaucoup de mal à vous décrire ce que j'ai pu ressentir lorsque j'ai franchi la frontière de la ville. Je crois que seuls ceux qui l'ont fait pourraient réellement comprendre. Une joie énorme, de se retrouver tous là ensemble, après tant d'efforts et après avoir imaginé ce moment des milliers de fois. Mais aussi une peine certaine que cela se termine. Devant la cathédrale, point final du pèlerinage, nous retrouvions nos amis, et, pour une dernière fois, entamions la chanson du pèlerin (que je publierai dans un billet à venir). J'étais ému, triste, béat, confus, désorienté... et la messe du pèlerin n'aiderait en rien, car elle signifiait vraiment la fin, apposait un sceau à notre histoire. Nous allions chercher notre Compostella au Bureau des pèlerins et profitions du reste de la journée pour nous balader dans la ville avec Patrick et Michèle. Car, certes, nous étions épuisés, comme à la fin de chaque jour de marche, mais l'adrénaline du moment nous poussait à vivre pleinement cette journée magique. Nous nous couchions tout de même tôt, car le lendemain matin, nous poursuivions notre marche. Ce n'était pas vraiment terminé, non. Un autre chemin bien spécial nous attendait...


À suivre...

En images

(1) La Cathédrale de Santiago de Compostella!
(2) On part t'y tôt, ou on part t'y pas tôt? Mais c'est merveilleux...
(3) Juste avant Vega de Valcarce, les couleurs font rêver...
(4) Au pied de la Crux de ferro.
(5) Plus que 195 km! Du moins selon cette pancarte là...
(6) Le vert commence à reprendre sa place.
(7) La cour intérieure du refuge paroissial d'Hospital de Orbigo.
(8) La Cruz de ferro, j'y étais!
(9) Souper entre amis à Vega de Valcarce. On voit en ordre Patrick, Michèle, Vicka et Dominique.
(10) La montée d'O'Cebreiro.
(11) Quelques indications pour ceux qui passent par Chibougamau pour se rendre à Rome ou autre lieu de pèlerinage.
(12) On arrive à Molinaseca.
(13) Santiago, youhou!!!!!!!!
 
En vidéo
 
Le fumero, lors de la messe des pèlerins : un énorme encensoir qui était utilisé à l'époque pour purifier les pèlerins... et cacher leurs mauvaises odeurs! Et oui, imaginez l'odeur de centaines de pèlerins du Moyen-Âge qui ne se sont pas lavés depuis des semaines! Nous avons eu la chance de le voir en action!
 
 
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- Compostelle, jusqu’au bout du monde : première partie
- Compostelle, jusqu’au bout du monde : deuxième partie
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vendredi 11 décembre 2009 Compostelle, jusqu’au bout du monde : deuxième partie
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La Mesa, l'infini

La Mesa, terres et champs à perte de vue, huit jours de marche sur un sentier qui semble faire tourner le paysage en boucle. Dominique était déjà prête à devenir folle, se souvenant de la dernière fois où elle avait traversé la zone maudite. Elle n'avait pas tord, il est vrai que la Mesa peut donner une impression de désert sournois à celui qui n'y est pas préparé. Presqu'aucune dénivellation mises à part les quelques butes recouvertes du jaune des champs de céréales, ce jaune partout. Peu de fontaines pour remplir ses gourdes et étancher sa soif - un tronçon de dix-sept kilomètres, même, où des ambulances de la Croix Rouge passent pour distribuer de l'eau. Le son des balles de fusil des chasseurs de petites bêtes des champs - la vue, parfois aussi, de ces balles, passant un peu trop près de nous - , des éoliennes au loin qui paraissent vous narguer - non, vous n'arriverez jamais à nous! - et encore ce jaune, toujours ce jaune. La couleur du blé prend un autre sens, englobante, emprisonnante - Dominique dirait empoisonnante -, éternelle. Mais alors qu'elle y voyait un cauchemar, je profitais plutôt du sentiment de plénitude et de grandeur que me procurait la vue de ces infinies vagues dorées. Du moins au début. J'avançais vers l'inconnu après tout.

À peine avions nous quitté Burgos que les ampoules se mettaient de la partie. Je marchais depuis treize jours et jamais elles ne s'étaient invitées - la première fois non plus d'ailleurs -, mais je ne pouvais pas y échapper, semblait-il. Les fameuses souffrances du pèlerin. Je n'avais pas à me plaindre toutefois, avec mes toutes petites ampoules, d'autres avaient les pieds en sang et des tendinites jusqu'au dernier des muscles. « C'est parce que vous avez du coureur des bois dans les gênes », disaient les pèlerins français. Étions-nous immunisés par notre histoire? Cela nous fît bien rire.

Nous marchions 25 kilomètres par jour, parfois plus, parfois moins. La chaleur intense du midi nous poussait à prendre la route plus tôt pour profiter de la fraîcheur du matin. Il n'était pas rare que nous sortions alors que le jour n'était pas encore levé, et nous profitions, ces fois-là, de levés de soleil à couper le souffle - les herbes et les prairies brillaient pour nous d'une toute autre lumière. Pour passer le temps, moi et Dominique, outre penser, jouions. Nous nous inventions une histoire rocambolesque où nous transportions le stricte nécessaire - un divan, un pot à fleur énorme en céramique, une laveuse, une sécheuse, un douche téléportante supersonique, des grappins et un ascenseur pour traverser les montagnes, une centaine de ballots de foin pour nous construire une maison lors de nos arrêts, etc. rien de bien superflu... - , devenions les animateurs du populaire quiz télévisé « Mais que se cache-t-il derrière la colline !!!?? » et avions même composé un équivalent « compostellien » le l'Arbre est dans ses feuilles intitulé Le chemin est dans ses flèches. Nous nous amusions follement.

À Carrión de los Condes, nous découvrions le plaisir des souper-partage, une tradition perdue du chemin. Ce souper nous était proposé par l'auberge : une traditionnelle soupe à l'ail nous était d'abord servie, puis le second plat se composait de victuailles et de plats divers apportés par les pèlerins eux-mêmes dans un esprit de partage. Une période de chants était aussi prévue par les sœurs - nos hôtes -, rencontre entre pèlerins de diverses nations, l'idée étant de faire connaissance avec les autres marcheurs. Lors de cette réunion, nous reçûmes une étoile de papier colorée par les religieuses qui allait nous porter chance jusqu'à Santiago. Nous participions, bien sûr, à toutes ces activités, en plus de passer une après-midi complète à préparer près d'une centaine de crêpes pour le repas du soir. Nous allions avoir de très bons souvenirs de ce refuge et de cette journée passée dans le vrai esprit du chemin. L'étoile de papier, aujourd'hui accrochée à mon mur.

Enfin, avant d'arriver à Léon, plusieurs rencontres encore, dont une qui prend aujourd'hui beaucoup de place dans nos cœurs - je crois que Dominique serait d'accord pour exprimer cela ainsi. Celle de Michèle et Patrick qui furent avec nous jusqu'à la fin et avec qui nous passâmes de très bons moments. Nous allâmes même les visiter à Saint-Loup, leur petit village magnifique dans le Beaujolais en France. Quand je pense à eux aujourd'hui, cela me fait sourire. Ils sont un peu comme notre famille française - Michèle qui nous appelait affectueusement « mes petits ».

À suivre...

En images

(1) La Mesa et son immensité...
(2) La croix-épée de l'Ordre de Chevalerie de Santiago (Cruz de Compostela).
(3) Castrojeriz.
(4) Une ambulance de la Croix Rouge qui distribue de l'eau aux pèlerins.
(5) Réaction de tous les pèlerins quand ils arrivent à cette auberge : "Quoi, ça ouvre juste à 13h00?" et, quelques secondes après à peine "QUOI, ya pas d'ombre!!!???", sous entendant ainsi que la fin est proche s'ils doivent attendre jusqu'à 13h00 au gros soleil...
(6) Une traditionnelle borne sur le chemin.
(7) Bercianos del real Camino au coucher du soleil.
(8) Léon, enfin!
 
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- Compostelle, jusqu’au bout du monde : première partie
- Compostelle, jusqu’au bout du monde : troisième partie
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vendredi 27 novembre 2009 Compostelle, jusqu’au bout du monde : première partie
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En été 2007, je commençais quelque chose de grand et de fort, sans vraiment alors en comprendre toute l'importance : la marche du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. El camino de Santiago. J'allais de Saint-Jean-Pied-De-Port en France à Burgos en Espagne avec mon bâton de pèlerin et mon sac, et bien sûr mon amie Mélissa qui m'accompagnait. Je traversais ces 300 kilomètres de montagnes et de champs, sans me douter alors que ce n'était que le début d'une entreprise qui - j'en suis certain aujourd'hui - se poursuivrait toute ma vie.

Parce qu'il y a quelque mois de cela à peine, j'ai décidé d'à nouveau emprunter cette route. Pourquoi? Et bien il y avait quelque chose d'inachevé dans ma première expérience. Je n'avais pas vu la somptueuse cathédrale de Santiago, mes jambes n'avaient pas connu les 800 kilomètres nécessaires pour s'y rendre, mon être se souvenait et il voulait revivre le chemin. J'allais revenir, m'étais-je dit la première fois, je ne savais simplement pas quand. Et bien ce quand, j'ai fini par décider que ce serait en août 2009.

Ne vous y trompez pas, le chemin pour moi n'a rien à voir avec l'Église. Si vous avez pris connaissance de ma marche de 2007, vous le savez déjà. Les gens le marche pour plusieurs raisons, l'un pour la foi, l'autre pour le sport. Je le fais pour ni l'un ni l'autre. Je le fais pour moi, pour croire que je peux dépasser même les limites qui m'ont toujours semblées inatteignables, physiques ou mentales, et pour réfléchir, surtout, faire le point et répondre aux questions qui ne semblent avoir aucune réponse. Et, bien sûr, je le fais pour les rencontres, avec les gens mais aussi avec l'ambiance du chemin, qui est unique, distincte de tout.

Cette fois-ci, j'ai choisi de ne pas me demander d'écrire chaque jour, de ne pas traîner de calepin. Peut-être pour mieux vivre le présent, m'éloigner du quotidien au maximum. Je n'ai donc pas de journal d'étapes à vous présenter, mais je ne pouvais quand même pas passer sous silence ces six semaines si spéciales qui ont fait partie de mon « tour d'Europe ». Voici donc le récit de mon chemin, un aperçu seulement de la marque qu'il a créé en moi.

De Saint-Jean-Pied-De-Port à Burgos, revenir aux sources
J'allais refaire les 300 premiers kilomètres parcourus en 2007. La question ne s'est même pas posée : si j'étais pour marcher jusqu'à Compostelle, c'était depuis Saint-Jean-Pied-De-Port. Le 8 août, accompagné de Dominique, j'ai donc retrouvé ce village qui avait marqué ma mémoire et où je rêvais de retourner depuis la première fois où j'y avais posé les pieds. Ses toits rouges, ses ruelles étroites en dalles anciennes, ses petites boutiques, ses auberges de pèlerins, ses collines verdoyantes et ses bruits - le plus vivant, le tic du bâton de pèlerin frappant le sol. Des pèlerins convergeant de tous les coins du monde vers ce lieu-porte d'Espagne. J'étais ravi, et, comme je m'y attendais, Saint-Jean-Pied-De-Port me donnait la volonté et la force dont j'aurais besoin dans les jours à venir.

Parce que - et je m'en souvenais - les premiers jours allaient être difficiles, avec la traversée des Pyrénées et le mauvais temps annoncé. Pourtant, quand j'arrivais à Roncesvalles, après avoir parcouru les 27 kilomètres de montagnes dont j'avais les plus beaux souvenirs, j'étais loin de me sentir aussi alangui que lorsque je l'avais fait la première fois. Au contraire, je me sentais prêt à continuer. C'était un bon début, surtout que le mauvais temps annoncé n'avait pas eu lieu et n'aurait jamais lieu que par de très fines gouttelettes plus près d'une brume rafraichissante que d'une pluie torrentielle.

Je revis des villages et des lieux dont j'avais un souvenir clair. Les vaches et les chèvres perdues dans le brouillard épais des Pyrénées, le champ où nous avions manqué d'eau, la petite auberge de Larrasoaña, Pamplona, l'Alto del Perdón, la fontaine d'eau et de vin Irache, la beauté de Los Arcos ou encore de Viana. D'autres coins aussi qui subitement me revenaient à l'esprit en les voyant. Les galets posés en étages et peints de jaune, les gigantesques champs de tournesols, la première flèche jaune... Je me faisais un plaisir, à tout moment, de m'exclamer à Dominique que telle histoire s'était passée à tel endroit, et que nous avions rencontré un tel lors de cette étape X. Je m'amusais à essayer de replacer mes souvenirs en ordre, parfois surpris de rencontrer tel village avant tel autre - avaient-ils changé de place? Avais-je passé par ce même chemin la dernière fois? Malgré le meurtrissement de mes épaules par mon sac, la chaleur intense et mes muscles fatigués, je ne pouvais que sourire à l'idée de revivre tout cela, mais aussi de faire de nouvelles découvertes.

Je marchais trois jours seul, entre Los Arcos et Nájera, Dominique ayant dû s'arrêter pour donner un peu de repos à ses genoux qui s'étaient transformés en tendinites, le mal le plus connu du pèlerin après les ampoules. Nous faisions beaucoup de rencontres, plus que lorsque j'avais marché le chemin à 17 ans, la différence d'âge amoindri aidant probablement, parce qu'encore les jeunes pèlerins étaient rares. Que ce soit Cécile, une Française avec qui nous avons formé une amitié sincère, Andrea l'Italien, Louisa la Mexicaine, Gontran le Belge, Olivier l'explorateur ou encore ces deux jeunes de 17 ans, français, qui me faisaient penser à moi et Mélissa sur cette même route quelques années plus tôt, tous avaient des choses extraordinaires à dire et à faire vivre. Mais après Burgos, malheureusement, nous allions en perdre plusieurs de vu.

Au bout de ces treize jours de marche, de nouveau à Burgos deux ans après, je ne pouvais pas croire que j'avais fait, une seconde fois, tout ce chemin. C'était quelque chose d'extraordinaire pour moi, autant que la première fois sinon plus. Et surtout, j'étais impatient de poursuivre, d'aller vers l'inconnu avec Dominique qui, elle, avait déjà parcouru les prochains sentiers.

À suivre, dans un prochain billet...

En images

(1) Ça y est, c'est la deuxième fois que je marche Saint-Jean-Pied-De-Port - Burgos!
(2) Un bar pour pèlerin sur l'Alto del Perdon? Décidemment ces Espagnols... :P
(3) Paysage typique d'Espagne.
(4) Des moutons à n'en plus finir!
(5) Souriez!
(6) Hum... nous ne sommes pas les premiers arrivés à cette auberge. ^^
(7) Saint-Jean-Pied-De-Port!!!!
(8) Les vaches se reposent tout bonnement en plein milieu du chemin...
(9) La place centrale de Viana.
(10) Les pèlerins, ce sont des artistes!

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lundi 23 novembre 2009 Dear Helen and Russell
Juste avant de partir de Barnacre, j'ai laissé un mot dans le livre d'or de la famille Keenan. Je le transcris ici, me disant que cela peut vous donner une idée de ce que Barnacre et les Keenans représentent pour moi.
 
Version originale

Dear Helen and Russell,

I wouldn't be able to express all the gratitude I have for you two and how much thinking about your place makes me feel good, even if I was writing a novel. Really, I want to thank you. I found more generosity, friendship and love in Barnacre that I thought could exist. Love for our planet, love from family, love you have for us, helpers, and love we have for you, love of life. Love, actually. (And I really can say that "love is all around " Barnacre). I've been here for only five weeks, but I feel as if I was leaving my home. Probably because that's what it is, since you and your wonderful kids always act with us as if we were part of your family.

I will surely miss a lot of things. The tipi, days of work on the new house, lovely Helen (and her curry!!), childish Russell (did I really just write that :-P ), all the helpers... even rain and mud (so much mud!). Actually, I'll miss everything that is a part of your Creation : a symbol of hope, sharing, perseverance and friendship - cause what is Barnacre if it's not a place built on these stones?

Really, I adore Dom for bringing me here (I shall be her slave forever). I will remember all my life the way you welcomed us and hope to come back one day.

With love and sincerity,

Thank you so much.
 
Traduction en français
 
Cher Helen et Russell,

Je ne serais pas capable d'exprimer toute la gratitude que j'ai pour vous deux et à quel point penser à Barnacre me fait sentir bien, même si j'écrivais un roman entier pour vous. Vraiment, je veux vous remercier. J'ai trouvé plus de générosité, d'amitié et d'amour à Barnacre que je croyais qu'il pouvait en exister. De l'amour pour notre planète, l'amour de la famille, l'amour que vous avez pour nous, et celle que nous avons pour vous, l'amour de la vie. Love, actually. [Non traduisible, c'est un jeu de mot. Love actually est le titre du film préféré des Keenans] (Et je peux vraiment dire que "l'amour est partout" à Barnacre) [en lien avec le film] J'ai été ici seulement que cinq semaines, mais j'ai l'impression de quitter mon chez moi. Probablement parce que c'est ce que c'est, puisque vous et vos merveilleux enfants avez toujours agis avec nous comme si nous faisions partie de votre famille.

Il est sûr que plusieurs choses me manqueront. Le tipi, les jours de travail sur la nouvelle maison, l'adorable Helen (et son curry!), l'enfantin Russell (est-ce que je viens vraiment d'écrire ça? :-P ), tous les volontaires... même la pluie et la boue (tellement de boue!). En fait, tout ce qui fait partie de votre Création me manquera. Votre Création, un symbole d'espoir, de partage, de persévérance et d'amitié - car qu'est Barnacre si ce n'est pas un lieu construit sur ces pierres?

Vraiment, je suis en adoration devant Dom pour m'avoir amené ici (je serai son esclave à jamais). Je me souviendrai toujours de votre accueil et j'espère revenir un jour.

Avec amour et sincérité,

Un énorme merci.
 
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mercredi 18 novembre 2009 Living in Barnacre, or how to survive to Mud
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Et là je parle de Mud avec un grand M. Mud qui veut dire boue, mais ne le traduisons pas, parce que Barnacre’s Mud, ça n’a rien à voir avec la bouette du Québec, oh ça non!  Mais je vais trop vite. Commençons par le début, voulez-vous? Ce billet est le premier d’une série qui portera sur le voyage en Europe duquel je suis revenu il y a un mois.

Notre premier arrêt : Barnacre, en Angleterre. Ni une ville, ni un village, à peine une rue, mais surtout un coin de paradis tout près de Liverpool. Et c’est Dominique qui m’y a amené, pleine de souvenirs et impatiente de partager son amour pour l’endroit et sa famille,  les Keenans, avec moi. Sauf qu’il lui a fallu attendre, parce qu’après six heures d’avion pour nous rendre à Paris, c’en est plusieurs autres de car (autobus) qui nous attendaient pour nous rendre à destination. Même si nous avons quand même eu le temps d’admirer la capitale française, nous prélassant sous le soleil qui frappait la colline du Sacré-Cœur de Montmartre, nous avions encore Paris-Londres à faire de nuit, puis Londres-Liverpool, pour finir par prendre un train de Liverpool vers Meols, où Russell, notre hôte, venait nous chercher. Ça c’est en oubliant le bout où nous avons manqué le traversier de la Manche – parce que quelqu’un que je ne qualifierai pas d’intelligent avait oublié son passeport -, ce  qui nous a pratiquement fait rater notre liaison vers Liverpool.

barnacre/IMG_2448.JPGDonc,  le premier mois, nous l’avons passé à Barnacre. J’ai écrit que c’est un coin de paradis, et je le pense vraiment. D’abord, petite mise en contexte, question de ne pas vous perdre. Barnacre est à la fois le lieu de résidence des Keenans, notre merveilleuse famille-hôte, et le lieu où leur projet est en train de naitre. Un projet de mode de vie écologique – on parle ici de production d’électricité par éolienne, de récupération d’eau de pluie, de filtrage naturel des eaux usées, etc. –  pour eux, mais aussi pour des vacanciers par l’entremise de cottages verts. Ça, c’est la surface. Mais c’est beaucoup plus que ça et c’est là que nous entrons en action. Barnacre c’est aussi et surtout une petite communauté de volontaires – les helpers – qui, accueillis, nourris et logés par la famille Keenan, travaillent ensemble aux diverses tâches nécessaires à la maintenance et au développement du site. Et c’est majestueux, parce que ça marche.

barnacre/IMG_2549.JPGLa famille Keenan y est pour beaucoup. Si accueillante, ouverte, aimante…  ils font tout pour le bonheur de leurs helpers. Je me suis senti beaucoup plus que leur invité, en fait, nous faisions partie de leur famille. Et c’est ce qui me pousse à tous vous les présenter, parce qu’ils sont fabuleux. Helen,  la mère,  qui nous préparait les meilleurs plats au monde – je rêve encore à son curry et à son Mac’ and Cheese – et s’assurait toujours que nous allions bien. La gentillesse en personne. Russell, le rêveur, –  Barnacre c’est son projet – qui supervisait les travaux et essayait tant bien que mal de nous expliquer chacune des tâches… mais Russell, on comprend rien, soit clair et articule! ;-) Les enfants, Sam, Paul, Tommy et Grace, âgés de moins de 12 ans. Et bien sûr les animaux, Rex le chat, Amber le chien, Perdy l’âne, et une multitude de chèvres, dont Rose l’aventurière qui devait sauter par dessus la clôture trois fois par jour et que nous devions toujours remettre dans l’enclos. Ma famille anglaise que j’adore.

barnacre/IMG_2529.JPGOutre les Keenans, il y a une autre famille que je ne pourrais oublier, celle des helpers. Notre nombre variait, mais nous avons été jusqu’à onze helpers à la fois – Russell étant si bon organisateur qu’il ne s’était pas rendu compte qu’il avait accepté autant de gens en même temps.  Parmi nous, des Français, des Anglais, des Allemands, des Américains, un Espagnol et une Australienne, avec qui nous vivions 24 heures sur 24. Je ne vous les présenterai pas tous, mais je garde de bons souvenirs de chacun d’entre eux. Je pense en particulier à Joanna que nous sommes allés visiter en France avant mon retour, ou encore à Joel, Karen, Claire, Emily… comme ils me manquent!


barnacre/IMG_2441.JPGVous vous demandez surement pourquoi alors je présente Barnacre comme une survivance à la boue dans le titre de mon billet. Qu’est-ce que the Mud –  lire avec un son de film d’horreur –   vient faire là-dedans? Et bien s'il y a une chose que j'ai apprise de Barnacre, c'est que ça ne sert à rien de vouloir rester propre. Inévitablement, à la fin de la journée, vos vêtements, vos mains, vos cheveux seront recouverts d’une substance quelconque, que ce soit du plâtre, de l’huile ou toutes autres substances dont je tairai les noms afin que vous gardiez votre dernier repas dans votre estomac. Mais plus que tout, il est impossible d’échapper à la boue. The Mud is everywhere. La quasi-totalité du terrain en est recouverte et les rares endroits secs sont comme des oasis en plein désert. Il faut dire qu’il pleut énormément, c’est l’Angleterre quoi. Nous passions nos moments libres dans quatre bâtiments distincts : le cottage où la famille Keenan habite en partie et où nous mangions tous ensemble – lorsque nous n’étions pas onze –, le tipi où nous dormions – oui vous avez bien lu, et c’était fantastique –,  la caravane des helpers, où nous pouvions mettre nos sacs, écouter la télévision, manger, etc. et finalement le Lake House, une petite cabane près du lac où nous pouvions aller aux toilettes, prendre notre douche, et petit-déjeuner. Pour passer de l’un à l’autre, nous devions impérativement affronter the Mud. Ce qui fait qu’à un moment je ne me séparais plus de mes bottes. Pas question de sortir sans elles, encore moins de sortir en souliers, sauf si je voulais avoir de la boue jusqu’aux genoux. Peut-être comprenez-vous maintenant pourquoi the Mud est à mes yeux et aux yeux de plusieurs autres helpers l’icône de Barnacre.

barnacre/IMG_2463.JPGMaintenant, à part tenter de ne pas mourir sous dix pieds de cette boue, nous faisions aussi autre chose. En temps normal, nous travaillions de neuf à cinq heures et soupions – je devrais dire que nous avions un tea time –  vers sept heures. Nous avions une pause en avant-midi, le tea time – oui encore – et nous dinions pendant un nombre astronomique d’heures. Ce que nous faisions pendant nos heures de travail variait beaucoup d’une journée à l’autre : ménage et préparation des cottages pour les futurs arrivants,  lime washing  –  enduire un mur extérieur de chaux –, plâtrage, arrachage de quenouilles, préparation du dîner, lavage de vaisselle… mais la majeure partie du travail s’effectuait sur la maison en construction des Keenans, principalement sur le toit – quand nous ne cherchions pas nos outils pendant trois heures dans ce grand chaos qu’est Barnacre. J’ai fait une overdose de triage, perçage et de taillage de tuiles d’ardoises, tellement que je ne peux plus supporter la vue d’une maison au toit d’ardoise. Je jure que je ne toucherai plus jamais à une seule de ces tuiles.

barnacre/IMG_2481.JPGEnviron deux fois par semaine, nous avions l’opportunité de fuir the Mud grâce aux day off. Nous pouvions prendre un vélo  –   dans le meilleur des cas, le siège prenait des angles pas possibles, dans la plupart des cas, la chaine débarquait à tous les cinq mètres – pour aller à la plage, se promener ou bien manger la meilleure crème glacée du Royaume-Uni chez Nicholls. À pied, nous pouvions aller à Moreton pour faire du charity shopping ou manger un délicieux fish ‘n’ chips   – je vous laisse deviner où j’étais toujours rendu. En une heure, nous étions à Liverpool. Nous avons fait des folies extraordinaires, un crepe party –  qui consiste uniquement à se bourrer la face en mangeant plein de crêpes –  et sommes même allés voir Harry Potter and the Half-Blood Prince au cinéma avec notre ami du Québec Marc-Antoine qui faisait un stage à l’hôpital où Russell travaille.

J’aurais des centaines d’anecdotes à vous raconter.

barnacre/IMG_2449.JPGBarnacre a été une expérience inoubliable pour moi. Bien sûr, au début, je me suis demandé ce que j’y faisais, moi qui suis si peu porté au travail manuel. Mais Barnacre est le genre d’endroit qui vous donne rapidement l'impression d'y être depuis toujours, chez vous.

J’ai envie de terminer par cette constatation : Barnacre est un endroit construit de et par l’amitié et l’amour qui unit la famille Keenan et les centaines de helpers qu’ils ont vu passer. Quelque chose d’à peine croyable, mais que j’ai vu de mes yeux vu, et ressenti aussi. Oui ressenti et vécu à fond. Il est clair dans mon esprit qu’un jour j’y retournerai. La maison sera terminée, les enfants seront grands, tout aura changé, mais je sais que là-bas moi et tous les helpers seront toujours les bienvenus. Je sais que j’y retrouverai cette même énergie qui m’a nourri, abondante et précieuse, pendant plus de quatre semaines qui m’en ont paru qu’une seule.


Vous n’êtes pas là pour le voir, mais présentement,  je souris à cette seule pensée.
 
En images
(1) La maison des Keenans en construction. Tous les matériaux ont été choisis pour qu'elle soit le plus écologique possible.
(2) Traversée de la Manche.
(3) Plage anglaise près de Barnacre.
(4) Sam et son poulet!
(5) Liverpool.
(6) Barnacre, c'est ça! Au fond le cottage et la maison en construction.
(7) Russell et Domi.
(8) On soupe en famille, la famille des helpers.
(9) Notre belle caravane flottante. Quand je vous disais pour the Mud!
(10) On travail sur le toit! (Sauf moi, je prends une photo, mouhaha)
(11) Petite balade en vélo avec Joanna.
(12) Notre tipi!!!!! À côté, Joel et Karen qui "chop" du bois.
 
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mercredi 14 octobre 2009 Suis de retour
Mais décalage horaire oblige, plus de détails bientôt...
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jeudi 02 juillet 2009 Quand l'Europe nous interpelle...
...nos pas s'y dirigent, incessamment. Je reviens tout juste de ce continent aux milles merveilles, il me semble, mais déjà j'y retourne. Contexte différent cette fois : aucun stage, mais un désir indomptable d'encore vivre, sentir, goûter, toucher l'Europe. Certains ne seront pas surpris de lire ces mots aujourd'hui, car c'est un voyage planifié de longue date. Peut-être même du jour où moi et Dominique, avec qui je vivrai ce qui sera sans aucun doute une autre merveilleuse expérience, nous sommes rencontrés.

, cette fois-ci? Beaucoup d'indéfini dans cette aventure, car nous le voulions ainsi. D'une chose nous sommes certains, nous partons demain, et le 4 juillet nous serons à Paris. Mais détrompez-vous, nous ne ferons qu'y passer, car notre destination finale est la suivante : Barnacre, en Angleterre. Un peu au nord de Liverpool, nous vivrons quelques mois dans une famille que connaît Dominique. Puis, probablement, nous referons Compostelle, au complet cette fois-ci. Ensuite... et bien disons que nous avons encore bien du temps pour y penser!

Barnacre est représenté sur cette carte par le symbole A.

Si le contexte est différent, le style de voyage aussi. Pas d'ordinateur portable. Pas de domicile fixe, du moins fixe durant tous les mois où nous serons là-bas. Seulement un pack-sac, des tonnes d'idées et un espace réservé dans notre tête pour toutes les découvertes que nous ferons. Vous comprendrez donc si je vous dis que mon blogue sera en hibernation durant mon absence et que je ne répondrai pas systématiquement et rapidement à mes courriels (que je consulterai quand même à l'occasion, vous me connaissez...). Je compte tout de même publier des photos à mon retour, ce pourquoi j'ai créé la section "Europe 2009".

Retour prévu... non prévu, mais probablement est-ce qu'au début novembre je serai à nouveau au Québec. Maximum fin décembre, car je commence l'université en janvier.

D'ici là, je vais m'ennuyer de vous, mais n'aurai rien à regretter, j'en suis sûr.

Au revoir. See you in four or five months. (got to write and speak english from now on, and, eventually, accustom myself to the british accent!)
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