À propos de ... Viana


compostelle Los Arcos Navarrete
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lundi 06 août 2007 Jour 11 - Nuages noirs

Distance parcourue : 22 km
Trajet : De Viana à Navarrete

Je me réveille du haut de notre lit à trois étages et j'entends la pluie. J'essais d'écouter mieux pour savoir si j'hallucine, mais comme d'habitude les gens sont déjà en train de faire leur sac et tout leur brouhaha m'empêche d'entendre.  Pourquoi se lever à 5h30 aussi? J'ai envie de leur dire de se taire, j'ai dû me lever du pied gauche. Je n'ai d'autre choix que de me rendormir.

À mon deuxième réveil, vers 6h10, je vais voir à la porte fenêtre. Il fait encore trop noir, je ne peux pas voir si le ciel est nuageux. Néanmoins, je sais qu'il ne pleut plus. Je ramasse mes affaires et mange une barre de survie pour déjeuner, n'ayant pu aller à l'épicerie hier. Plus tard, je vais laisser Méli qui ira prendre le bus et je continuerai le chemin.

Heureusement, sauf quelques gouttes avant d'arriver à Logroño - ville séparant mon point de départ et ma ville destination, Navarette – il n'a pas pleut du tout. Au début, je ne pensais qu'à la pluie, mais j'ai fini par me dire que j'étais en Espagne et que ce n'était pas important s'il pleuvait ou non. Ce qui l'était par contre c'était de vivre le moment présent. Et cette tirade souvent entendue m'a fait réfléchir sur l'importance du moment présent.

Je crois que les gens qui disent qu'il nous faut vivre seulement dans le présent on tord. Ils occultent deux parties aussi importantes que le présent de leur vie : le passé et le futur. Je crois que la clé, c'est de savoir maintenir un certain équilibre entre passé, présent et futur. Il est primordial de laisser une place au passé dans notre existence pour éviter de répéter constamment les mêmes erreurs et pour faire un arrêt sur image de ce que nous étions avant en regardant ce que nous sommes aujourd'hui. Le passé nous apprend, il est le témoignage de notre évolution. L'avenir est tout aussi obligatoire, car penser le futur c'est tout simplement se donner un but, une ligne de mire, un sens. Vivre tout au présent, sans penser à demain, c'est agir sans réfléchir aux conséquences à long ou court terme, c'est ne pas se donner de chances d'une vie comme nous la désirons. Le futur est donc lui aussi important. Le présent quant à lui est, bien que n'existant pas selon moi (chaque millisecondes fait parti du passé du moment que l'on y pense), autant nécessaire que les deux autres. Vivre le moment présent nous permet de savourer pleinement ce qui nous arrive, de ne pas vivre qu'en tons de gris, qu'en souvenirs et en projets. Je dois avouer que le présent est le temps que j'ai le plus de mal à gérer. J'y pense rarement. C'est ce que j'essai de faire ici : trouver l'équilibre entre les trois temps.

Pour passer le temps, moi et Méli avons parlé du tout et de rien, une fois que je suis arrivé. Nous avons mangé des saucisses, du maïs, du pouding au chocolat, du popcorn et une barre tendre. Des aliments que nous avons acheté ensemble, car l'épicerie était, pour une fois, près du refuge. Ce fut une belle soirée.

Maintenant, il est 8h00 et je vais lire.

En photos

En ordre de présentation : 
(1) Sur le chemin, il est fréquent de rencontrer des lettres cloués au sol par des bouts de bois ou des pierres. Celle dit dit approximativement (vu mon espagnol plus ou moins bon) : "Cher pèlerins, il est temps pour nous de retourner en France. Nous sommes très heureus de vous avoir rencontrer. Bon chemin à tous. Nous pensons particulièrement à Victor, Jule, Giorgio, Maria... les autres français. Ultréia! (ce qui ne se traduit pas vraiment)".
(2) Durant le trajet, je me suis en quelque sorte perdu dans un cimetière. Les flèches jaunes ne sont pas toujours très précises!
(3) Durant une bonne partie du chemin, on longe une grille de métal. Ce qui est exceptionnel, c'est que du début à la fin, cette grille est remplie de croix de bois faites par les pèlerins. C'est très impressionnant. J'ai d'ailleurs ajouté la mienne au lot.
(4) Une énorme affiche de taureau surplombe la ville de Navarette.
(5) Navarette, enfin!

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dimanche 05 août 2007 Jour 10 - Sur le balcon de la fenêtre
Distance parcourue : 20 km
Trajet : De Los Arcos à Viana

Los Arcos, Sansol, Torres del Rio, puis notre destination : Viana. Durant le trajet, pendant environ 20 minutes, un homme a joué avec un instrument à bouche de la musique celte. C'était saisissant et enivrant et il égaya notre marche à tous. Puis j'ai rencontré un groupe de 8 ou 9 français. J'ai parlé avec deux d'entre eux de la blessure de Méli et du chemin. Pendant ce temps, Méli attendait la bus, pendant plus de 4 heures, car nous sommes dimanche et il n'y a pas de bus le matin le dimanche en Espagne comme nous l'avons apprit aujourd'hui.

C'est vraiment dommage qu'elle se soit blessée, beaucoup pour elle, mais pour nous aussi, car maintenant, une fois au refuge, nous ne pouvons plus partir à pied pour visiter la ville dans laquelle nous nous trouvons. Nous ne pouvons plus non plus aller au marché ensemble pour choisir nos repas, ce qui était un moment spécial pour nous de la journée. J'ai peur qu'à force le voyage devienne monotone. Parce que le seul moment excitant de la journée, c'est la marche sur le chemin et c'est seulement moi qui en profite. De plus, c'est bien marcher seul, c'est toujours beau, mais cela peut devenir long.

J'adore tout de même être ici. Présentement, je suis assis sur le mini balcon de fenêtre à paravent de notre dortoir. C'est magnifique et je sais que je ne retrouverai cela nulle part ailleurs par la suite. J'apprécie le moment. Dehors, le temps s'assombrit pour la première fois depuis le début du chemin. J'espère qu'il ne va pas pleuvoir demain.

Nous sommes dimanche et nous venons d'apprendre à nos dépens que les marchés sont fermés. Il semble que le dimanche, peu de choses se passent en Espagne. Nous mangeons donc notre restant de spaghetti et le repas de survie – lasagne – de Mélissa. À mon grand étonnement, ce fut bon.

Pendant que j'écris, à côté de moi, Méli lit mon livre. Elle a eu tellement de temps, qu'elle est déjà rendu plus loin que moi. J'ai eu peur aujourd'hui de ne pas la retrouver, car, à cause de l'imprévue du dimanche, elle est arrivée après moi à l'auberge. Je me demande comment elle se sent. Elle m'a avoué être rendue au stade de la colère concernant ses genoux. Espérons que sa blessure guérira vite, bien que je n'aie très peu d'espoir qu'elle puisse marcher à nouveau avec moi avant la fin.

Voilà, maintenant il pleut. Faites que toute la pluie tombe cette nuit et qu'il n'en reste plus pour demain!

Bon, je vais aller soigner une ampoule qui s'est formée entre deux de mes orteils. Heureusement, elle ne fait pas mal et elle est déjà percée.

Qu'il fait chaud!

Avec du recul

Je n'aurai plus d'ampoule du voyage, et celle qui se forma ce jour là ne fera jamais mal.

En photos

Dans l'ordre de présentation :
(1) Je part assez tôt ce matin là pour prendre en photo un magnifique levé de soleil.
(2) Le chemin, en asphalte pour ce bout là.
(3) Un petit abri en pierre pour les pèlerins en difficulté.
(4) Notre dortoir rempli de lits à... 3 étages!

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