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mercredi 22 avril 2009 Et le décompte commence...
Oui, je sais, cela fait longtemps que je ne vous ai pas fait part de quelques tranches de ma vie ici. C'est que j'étais occupé à les beurrer en préparant la présentation que j'aurai à faire de mon stage de retour au Québec. D'ailleurs, j'aurais dû continuer aujourd'hui, mais, remerciez quelques problèmes techniques, je vais plutôt mettre à jour mon blogue.

Je vous avais laissé sur le sucre à la crème, la semaine dernière, car, rappelez-vous, je préparais un pot de départ pour la fin de mon stage au labo. Et bien cette dernière semaine et ce pot ont eu lieu, et j'ai toujours du mal à croire que mon stage est terminé, étonné à chaque matin de ne pas pousser cette grande porte bleu qui fait office d'entrée au laboratoire. Pour que je les oublie encore moins, mes collègues m'ont fait la surprise d'un t-shirt du Gallodrome de Lille, un truc super marrant faisait allusion au fait que l'été dans le nord est synonyme de... pluie. Forever Nord Summers. Et pour me rappeler que "ils sont sympa ichi quand-même", ce que je ne risque vraiment pas d'oublier, t-shirt ou pas!

Mais je vous imagine, impatients, vous posant la question ultime : alors, alors, dis-nous, le sucre à la crème, ils ont aimé les Français?! Bah oui, je vous comprends de vouloir savoir, moi-même j'avais très hâte de leur voir la tronche une fois le sucre leur fondant dans la bouche. Bien qu'il soit toujours possible que la politesse ait trafiqué les calculs, semblerait que certains aient bien aimé, allant jusqu'à en apporter chez soi, ou mieux, me demander la recette. D'autres sont plutôt restés perplexes face à ce cube haut en sucre et en gras, mais on ne peut pas leur en vouloir, le sucre à la crème ne faisant pas l'unanimité au Québec non plus. Ceux-là ont plutôt dirigé leur estomac vers la trempette - je traduis pour les Français : légumes que l'on "trempent", d'où le nom, dans une sauce souvent à base de mayonnaise et de crème fraîche - ou encore les chips-tuiles. Il y en avait pour tous les goûts, et ce fût selon moi - si on oublie que la moitié du Vieux Lille que j'avais acheté a coulé par terre quand j'ai ouvert la bouteille - un pot réussi.

De tout ça, j'aurai le souvenir d'un stage vraiment génial avec des gens supers.  J'y ai appris des tonnes de choses, et je ne peux que remercier Valérie et Patrick de m'avoir si bien accueilli parmis eux. Je pense qu'un stage en laboratoire scientifique est déjà une expérience unique, mais coupler cela avec les mots "à l'étranger" surpasse tout. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en venant faire mon stage au PC2A, et, aujourd'hui, je peux dire que j'ai bien fait de tenter ma chance et d'aller de l'avant dans ce projet. Encore merci tout le monde!

Par contre, il y a une chose que tout cela veut dire... le décompte commence. Plus que 17 jours avant mon retour au Québec, et seulement 11 jours avant que je n'aie à m'arracher à Lille. C'est ce qui sera le plus douloureux, j'en ai bien peur, de lever bagages et de dire adieu à cette ville avec laquelle je suis tombé amoureux dès les premières secondes et où j'ai vécu pendant 4 mois. Lille. Je viendrais y vivre si ce n'était de mes amis et de ma famille au Québec, je le dis très sérieusement. La Grande Place, Rihour, République-Beaux-Arts, la gare et sa fontaine...Lille.

J'éviterai quand même de verser des larmes tout de suite, car ce n'est pas fini, loin de là. Vendredi midi, si tout s'enchaîne comme cela le devrait, je déjeunerai avec Helenablue, Lilloise et blogueuse exceptionnelle! Et samedi, c'est Caroline qui viendra à Lille. Vous vous doutez que je suis impatient d'enfin la rencontrer en vrai et de lui faire découvrir la métropole du Nord!

Bien sûr, je vous tiendrai au courant de ces deux rencontres qui s'annoncent fort intéressantes. Bonne semaine!
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mardi 14 avril 2009 Le jour où je devins saint...
Ce matin, j'arrive au labo, et , ne m'y attendant pas une seconde, Valérie me dit " Bonne fête"! Je la regarde, pas trop sûr si c'est une blague ou non. Elle me dit "C'est la Saint-Maxime aujourd'hui!".

Et oui, j'avais presque oublié qu'ici, en France, on fête les gens qui portent le nom du saint de la journée. Il faut donc distinguer "Bonne fête" de "Bon anniversaire", qui lui concerne bien la fête du jour de naissance d'une personne.

Résultat, Louise et Valérie me font la bise. Que c'est dur d'être fêté! :P
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vendredi 13 février 2009 Il pleut des cartes!

Je n'ai jamais eu autant de cartes de toutes sortes que depuis que je suis arrivé à Lille. Tellement que mon portefeuille est sur le point d'exploser. J'ai :

Ma carte étudiante de l'Université des Sciences et Technologies de Lille, car même si je suis en stage, je suis considéré comme étudiant à part entière! Elle me donne accès à des rabais, à la bibliothèque et me sert de carte d'identité.

Ma carte de transport Viva que je n'ai reçu que cette semaine (Transpole ayant mis la mauvaise adresse) mais qui me permet de prendre le métro à volonté pour seulement 30 euros par mois.

Ma carte Auchan... dont je suis un peu moins fier - Auchan est un hypermarché, à l'image de Wal-Mart, mais en un peu moins pire, je l'espère - mais qui me permet d'économiser un peu... et ça compte sur un budget serré.

Ma carte Crous sur laquelle je mets de l'argent et qui me sert de carte de débit au RU - restaurant universitaire - où je vais déjeuner et dîner pour seulement 2,85 euros!

Ma carte 12-25 qui me donne des rabais forts intéressants sur les billets de trains! Le train est vraiment le moyen de transport prévilégié des Européens, cela n'a rien à voir avec les trains du Canada.

Et finalement, ma carte d'appel, parce qu'il faut bien téléphoner de temps en temps!

Ralala, que je vais en avoir des souvenirs plastiques!
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mardi 27 janvier 2009 Premières fois
J'ai fais la bise pour la première fois ce lundi. J'étais tout content... mais j'ai manqué mon coup! Elle sourit et elle dit : "C'était quoi ça? Une bise québécoise?" Puis, devant la tronche que j'ai dû lui faire, elle rajoute "On se touche ici!". Et elle pointe ses joues. Puis un peu plus tard dans la journée, elle me demande comment on fait la bise au Québec. Je lui dis qu'on ne la fait pas vraiment, sauf parfois avec la famille, que c'est plutôt la poignée de main. "Je ne me vois vraiment pas te faire une poignée de main!"

Autre première fois. Tatiana a la brillante idée de sortir pour aller lire dans un café. Je décide de l'accompagner, en lui promettant de ne pas la déranger. Après avoir marché un peu dans les rues illuminées de Lille, nous nous sommes arrêtés à un café, puis à un autre, pour finalement choisir un café avec vue sur la Grand' Place. Je me suis conmandé un café crème, sans attentes précises. J'adore l'odeur du café, mais je n'ai jamais aimé en boire. Mais nous sommes en France, comment faire autrement?  Et je n'ai pas regretté! Ce café m'a surpris, tant par son goût que par sa douceur. Pour la première fois, un café me plaisait. J'étais à Lille, la Grand' Place devant mes yeux, en train de lire, avec un café délicieux  prêt à être dégusté. Qu'est-ce que j'aurais pu demander de mieux?! (dormir après avoir pris un café à 9h00 du soir, probablement... haha)

Aussi scoop, nous n'irons pas en Belgique ce weekend, mais plutôt à Amsterdam! L'une des classes de Tatiana organise cette sortie pour 10 euros seulement, et nous laisse venir avec eux pour 15 euros! J'ai hâte d'y être.

Bonne semaine!
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dimanche 18 janvier 2009 Première semaine
C'est dimanche. Déjà une semaine de passée, et je n'en reviens toujours pas d'être ici. Ce billet se voudra un bilan de la semaine, car j'ai eu peu de temps à mettre sur ce blogue depuis mon dernier message. Nous nous organisons toujours et nous adaptons à notre nouveau mode de vie.

D'abord, évènement important de la semaine, le début de mon stage, mercredi. Je dois dire que cela a donné lieu à beaucoup de stress et à une certaine panique. Il faut dire que je vais participer à un projet scientifique tout de même assez complexe et il m'a fallu du temps avant de bien comprendre l'essentiel. D'ailleurs, je n'ai pas encore terminé de lire les différents documents qui ont été mis à ma disposition, dont une thèse de plus de 200 pages. Il y a ça qui m'a fait paniquer, mais aussi le fait qu'on m'a demandé de faire quelque chose qui est complètement en dehors de mon domaine comme première tâche : installer un serveur Linux. Je suis programmeur, et je n'ai que des bases en ce qui a trait aux réseaux et à l'installation de machines, surtout Linux. J'ai d'ailleurs, lors de cette tâche,  fait face à un problème que je n'ai pu résoudre que vendredi soir, et avec l'aide de plusieurs autres. Néanmoins, je me console, car je n'étais pas le seul à ne pas comprendre d'où venait le problème.

Mais je dis tout cela, et je me rends compte que je n'ai pas vraiment donné de détails sur mon lieu de travail. Alors je me reprends! Le laboratoire de Physicochimie des Processus de Combustion et de l’Atmosphère de l'Université des Sciences et Technologies de Lille, plus communément appelé le PC2A, fait des recherches sur la combustion, la physicochimie de l’atmosphère, les mécanismes des polluants, l’optique, le laser et l’environnement. Plusieurs projets sur ces thèmes sont en cours simultanément, exécutés par près d’une cinquantaine d’employés, de chercheurs et d’étudiants dont deux équipes de recherches. Le projet auquel je participe est le projet CERPA (Cartographie de l’Exposition aux Risques des Populations aux Aérosols). L'idée derrière cet acronyme est de cartographier la pollution atmosphérique sur la région du Nord-Pas-de-Calais afin de mieux évaluer l’impact sanitaire de l’exposition des populations aux particules atmosphériques. Le bâtiment C11 où se déroule mon stage est situé en plein cœur du campus universitaire. Je partage ma salle de travail, qui est un ancien laboratoire transformé en bureau, avec quatre étudiants en master et en doctorat. L’ambiance du lieu de travail est calme et les horaires sont plutôt flexibles : je dois arriver aux alentours de 9h30, j’ai droit à 1h30 de dîner et je peux partir lorsque je le désir, normalement à partir de 17h00. Les gens en général sont très sympathiques et toujours prêts à répondre à mes questions.

Changeons complètement de sujet pour faire un melting pot de divers trucs concernant la vie à Lille.

Météo
. La température a varié cette semaine entre -5° C et 10° C... on se croirait au printemps! Aussi, j'ai appris que Lille avait un point commun avec Londres : il y pleut souvent. Et je ne m'en plains pas, puisque vous savez que j'adore la pluie!

Heures d'ouverture des magasins. La règle est simple : la plupart des commerces et des services sont fermés à temps plein. Oui, je sais, j'exagère! Mais je ne compte plus les fois où je me suis cogné le nez à une porte barrée. Tout ou pratiquement tout est fermé de midi à 13h30-14h00 et presque rien n'est ouvert le dimanche. La poste ferme à midi le samedi. Certains services sont même fermés tout le weekend. Résultat : on doit inventer du temps pour faire des trucs importants mais pourtant si simples comme aller faire notre demande de carte de transport ou poster un livre.

Alimentation. (pourquoi j'ai l'impression d'énoncer des titres de rubriques de magazines féminins?) Première observation, le pain est ici considéré comme un besoin vital au même titre que l'eau. Jamais vous ne verrez un repas français sans pain. Enfin moi ça ne m'est toujours pas arrivé. Et je proclame aussi au monde que le pain américain est complètement dégueulasse si on le compare avec le pain français! Je n'ai jamais mangé d'aussi bon pain! Deuxième observation, je n'aime pas le fromage. Depuis mon arrivée, je n'ai pas trouvé un seul fromage que j'apprécie ici. Oublions tout de suite le fromage en crotte ou encore le bon vieux Coaticook. Soit ils puent, soit ils goûtent le beurre. Et je ne considère pas manquer de respect aux fromages français en disant cela. Je renouvelle simplement mon observation du fait que je n'aime pas les fromages "fancy". C'était vrai au Québec, et ça l'est toujours en France. Le problème, c'est qu'ici, il n'y a que ça. Troisième observation, ce qu'on mange ici est généralement très bon. On peut retrouver certaines choses qu'il y a aussi au Québec, mais nommées différemment (soupe de poule plutôt que soupe poulet et nouilles) et on découvre de nouveaux plats, comme la carbonnade - dont je vous ai déjà parlé -, divers desserts, le mouton ou encore la pizza française (toute mince et souvent sans pepperoni).

La sainte paix. Il semble qu'il soit aussi impossible d'avoir la sainte paix ici qu'au Québec : je vous annonce que les témoins de Jéhovah existent partout dans le monde. Saviez-vous que, selon nos choix, nous pouvons passer notre vie éternelle au paradis ou en enfer? Si vous ne le saviez pas et bien ne vous en faites pas, des gens sont toujours disponibles pour venir vous l'expliquer pendant une demi-heure dans votre cadre de porte.

Sinon, cette semaine fût l'hôte de plusieurs autres découvertes et surprises. Déjà, concernant la douche qui s'est mise mystérieusement à projeter de l'eau chaude! Pas tiède, chaude! Et même brûlante! En contrepartie - parce qu'on ne peut pas tout avoir dans la vie -, nous avons dû nous exiler pour faire notre lavage, car la laverie des résidences était fermée. Cause : toutes les machines sont en panne. Autre chose, alors que le restaurant universitaire devrait normalement être ouvert midi et soir, il était fermé tous les soirs cette semaine à cause d'un manque de personnel. Il a donc fallu improviser un peu avec les provisions que nous avions.

Finalement, nos soirées du vendredi et samedi soir furent plutôt intéressantes. Vendredi nous avons marché désespérément à la recherche d'un endroit où danser. N'ayant pas trouvé, cela explique pourquoi je parle de soirée intéressante, haha. Nous avons quand même découvert Lille de nuit et avons mangé une crème glacée en plein mois de janvier. Samedi, c'était pizza-time, puis ensuite movie-time. Nous avons écouté un film que Tatiana avait apporté avec elle : Un bon cru, film se passant en grande partie dans le sud de la France. Je n'ai jamais aussi rit qu'hier soir, et ce à cause d'une seule réplique du film. Moi et Tatiana n'étions littéralement plus capables de respirer!

Bon, je pense que j'en ai assez dit non? Mon prochain billet, qui ne saurait tarder, sera un début de lexique franco-québécois. Préparez-vous à rigoler!

En photos

Pour voir une photo en plus grand format, cliquer dessus. Dans l'ordre de présentation :
(1) Les résidences E. Galois, Galois, Galoiiiissss! (à lire comme si c'était les résidences soleils) Là où on habite.
(2) Le musée des Beaux-Arts de Lille.
(3) Tatiana qui, après un moment de panique, essaie de nous faire croire qu'elle a trouvé un nouveau truc pour ne pas perdre sa clé : la laisser dans la serrure!
(4) Fontaine, place de la république.
(5) Une photo chef-d'oeuvre prise par Tatiana! Mais c'est avec mon appareil photo, donc c'est moi qui ait tout le mérite n'est-ce pas? ;P
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jeudi 08 janvier 2009 Départ pour une grande aventure
J'entends déjà le jour fatidique sonner. «Ding dong ding dong, c'est la dernière nuit au Québec. Ding dong ding dong, commences-tu à stresser?» Je suis excité et angoissé à la fois. Je me suis rendu compte hier seulement que partir quatre mois, c'est partir quatre mois, pas trois semaines. Que j'allais m'exiler en sol étranger, pour un stage qui sort complètement de mes habitudes. Vivre un autre mode de vie. Vivre mon rêve d'habiter en Europe plusieurs mois. J'ai encore du mal à y croire.

Mes bagages sont fin prêts... à exploser. Je vais certainement me disloquer une épaule tellement ils sont lourds! Et donc il ne me reste plus qu'à éviter de dire "maman j'ai raté l'avion", mon plus gros stress pour ceux qui me connaissent bien. Je veux être installé dans ma chambre, commencer mon stage, éclairer les inconnus. Après ça, j'aurai le temps de m'ennuyer de mes amis, de ma famille... mais pas avant. L'angoisse d'abord, la peine ensuite. Le décalage horaire passé et quelques nuits de sommeil, ce sont les sourires et le bonheur qui commenceront surement. Je brulerais les étapes pour m'y rendre dès demain!

Je ne publierai plus sur mon blogue pour quelques jours, le temps de m'installer et d'avoir accès à Internet. Mais comptez bien sur moi pour vous donner des nouvelles par l'intermédiaire de ce blogue, avec des photos! En fait, ce sera mon principal mode de communication. Alors venez le voir régulièrement!

Alors voila...

Je...

Ce sont les derniers mots que je tape en sol québécois...
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jeudi 04 décembre 2008 Comment passer proche de la crise de coeur en faisant sa demande de visa
stage2009/fry-panique-questions.jpgL'étape du visa ou l'étape du saint-sacrament-de-papier qui m'ouvre les portes de la France. Car c'était aujourd'hui que je me rendais à Montréal, au Consulat Général de France, pour obtenir le droit suprême de faire mon stage à Lille. En d'autres mots, je savais aujourd'hui si ça passait ou si ça cassait. Ça a passé... mais pas sans avoir à agrandir l'ouverture et à maigrir de 10 livres.

Je vous fais le topo. Mon rendez-vous était à 11h45. Paranoïaque comme je suis, j'y étais à 11h00, grâce à mon père qui a aimablement accepté de m'y conduire. Et donc, au moins, je n'étais pas en retard. En plus, il y avait de la place lorsque je suis arrivé, alors hop!, j'ai déjoué le système des rendez-vous pour me faufiler dans les mailles du filet. Un filet avec des mailles vraiment, mais vraiment serrées. Il faut dire que c'est à peu près aussi facile d'entrer dans un consulat que d'attacher ses souliers avec des gants de boxes : détecteur de métal, gardiens de sécurité, interdiction du cellulaire. Et surtout, ne pensez pas passer si vous n'avez rien à y faire. Résultat, mon père s'est fait gentiment refuser l'accès, et a dû m'attendre à l'extérieur.

Jusque là, tout de même, j'étais assez chanceux. Ça commençait bien. On m'a indiqué une salle où entendre. Une vingtaine de minutes plus tard, j'étais assis devant celle que j'avais imaginé comme étant une Dolores Umbridge (ref.: Harry Potter and the Order of the Phoenix) française, mais qui, outre les vêtements roses, n'avait rien à voir. En fait, elle avait l'air plutôt sympathique. Je lui ai donc présenté les 500 documents nécessaires à la demande de visa.

C'est à ce moment que ça s'est corsé :

- Vous avez votre convention de stage?

- Oui, la voici, mon attestation de stage.

- ...

- ...

- Mais il n'y a pas écrit où vous allez faire votre stage. Comment je sais où vous allez travailler?

Elle voulait une convention de stage, alors que tout ce que j'avais, moi, c'était une attestation de stage. Cela aurait dû suffire, selon les documents que j'avais lus. Mais non. Allait-il falloir que je revienne avec cette fameuse convention? Première crise de panique où je me dis que je ne pourrai pas partir, car je ne pourrai jamais avoir un autre rendez-vous avant mon départ. Heureusement, elle décide finalement que cela suffira. Soupir de soulagement.

Une fois tous les documents complétés, elle m'accompagne dans un autre bureau. Quoi, ce n'était pas ça, la dernière étape? Il semble que non. Je rencontre donc une autre dame, cachée, elle, derrière 2 pouces de vitre blindée (on ne lésine pas sur la sécurité, je vous le rappelle). Elle me crie donc de lui donner les documents, et je lui crie "voila". (pas vraiment le choix, avec ces vitres pare-balle, pare-feu, pare-agression, mais aussi pare-son). Elle me demande ma convention de stage. Deuxième crise de panique où je passe proche de faire une crise d'épilepsie. Son collègue, mon sauveteur, prends alors la parole pour lui dire que l'attestation, c'est ok. Nouveau soupir de soulagement. Ensuite, blablas, paperasse, avez-vous ci oui, avez-vous ça certainement, et... il me faut votre preuve d'assurance complémentaire. Horreur, je ne l'ai pas, car l'OFQJ ne m'a rien envoyé. En fait, ce n'était même pas mentionné dans la liste des documents à apporter.

- Oh mais, c'est que, sans cette preuve, je ne peux rien faire.

Troisième crise de panique où je veux me fendre la tête contre la vitre blindée.

- Je dois faire quoi, prendre un autre rendez-vous?

Non. Habituellement, elle ne fait pas ça, mais si je lui envoie par fax, cela va suffire. Soupir de soulagement, encore. Plus tard, elle me dira même d'oublier ça, que ce n'est plus nécessaire. Et elle collera le visa dans mon passeport, me le tendra avec un grand sourire et me souhaitera bon séjour. Je suis sorti, avec l'impression d'avoir frôlé la mort, mais bon, j'étais bien content d'avoir en main mon droit de séjour en France.

Ainsi se termine mon aventure. Et donc la dernière étape a été franchie : maintenant, sauf une violente tempête de neige le jour de mon départ, rien ne devrait pouvoir m'empêcher de partir!
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vendredi 07 novembre 2008 Enseveli sous les formulaires
Moi qui pensais que l'un des avantages d'aller faire mon stage à l'étranger était de ne pas avoir à passer d'entrevue... tout le tralala administratif, c'est bien pire!

Hier, je suis allé faire signer un des nombreux formulaires que j'ai à remplir par le directeur du cégep, qui était nouveau - et donc ne savait pas quelle était la procédure dans les cas de demande de signature comme la mienne - mais surtout... absent. J'ai dû l'attendre pendant plus d'une heure et demie pour une simple signature et un joli-sceau-pour-faire-beau-et-officiel. Et j'y suis allé juste pour ça, deux heures de transport en tout, parce que je suis en "semaine d'étude et d'encadrement" (semaine de congé, mais plus finement dit). Le monsieur était pas bien bien content.

Mais bon, si c'est ça que ça prend! Juste pour vous donner une idée, j'ai quatre formulaires à compléter, à envoyer à trois organismes différents - Régie de l'assurance maladie, OFQJ, Consulat Général de France -, dont la plupart sont interdépendants, c'est-à-dire que je dois avoir le xième formulaire pour pouvoir envoyer le yième. Pourquoi tout ça? Pour une seule et même raison : madame, est-ce que je peux aller travailler en France? Bien entendu, je parle de la demande de visa. Je comprends tout à fait l'utilité de la chose, mais c'est toute une affaire de faire une telle demande. Moins romantique que celle du mariage, mais oh combien plus complexe!

Évidemment, je dois, comme si les 500 formulaires n'étaient pas assez, prouver toutes sortes de choses, comme le fait que je vais VRAIMENT faire un stage à Lille, que j'aurai VRAIMENT les moyens de subvenir à mes besoins pendant quatre mois et que OUI c'est VRAIMENT moi sur la photo! Et les délais... 1 mois pour avoir une réponse de la RAMQ afin de s'assurer d'être... assuré, et 1 mois encore - après le premier mois, parce que, non non, ça ne peut SURTOUT pas se faire en parallèle - pour la demande de visa. Parce que je n'ai pas ce temps là - janvier ça vient vite - je vais devoir me rendre à Montréal au Consulat Général de France pour faire ma demande de visa. Ça "accélère" le processus d'aller y faire la file pendant des heures à ce qui parait.

Heureusement, j'avais déjà mon passeport. J'ai envoyé aujourd'hui les formulaires à la RAMQ, en demandant gentiment à la boîte aux lettres de vite me les renvoyer - sous menace de l'envoyer à la décharge publique si jamais ce n'était pas le cas. Maintenant, il ne reste plus qu'à attendre et espérer.

Oh et, avis à tous les intéressés, je sais maintenant quel sera mon stage. Je vais travailler dans un laboratoire de recherche à l'Université des Sciences et technologies de Lille. Et oui, exactement là où je vais également résider! Ce sera tout un avantage! Bon, peut-être vous demandez-vous qu'est-ce qu'un informaticien va faire dans un laboratoire de recherche - qui, en passant, travaille sur la pollution atmosphérique? Et bien il semble que je vais y traiter des données satellitaires pour produire des cartes représentant la pollution à un temps donné... On se croirait presque à la NASA! Enfin, ce sera quelque chose de complètement nouveau pour moi et, bien que je dois avouer que ça m'angoisse un peu, j'ai tout de même hâte de relever le défi!

Voila, Je vous laisse avec une visite guidée que j'ai trouvée sur le net de ce qui pourrait bien être ma chambre une fois là-bas : http://www.crous-lille.fr/panorama/bachelard.html

Bonne visite! :P
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dimanche 05 octobre 2008 Je ferai mon stage à Lille
 
Je ne voulais rien dire de concret avant que cela ne soit officiel et certain, mais je peux maintenant parler : j'irai faire mon stage de fin d'études à Lille, dans le Nord de la France! Cela veut donc dire que j'y passerai 4 mois, à partir de janvier prochain - les dates sont actuellement du 8 janvier 2009 au 8 mai 2009. C'est presque une émigration!

Pour vous expliquer un peu, notre dernière session de Techniques de l'informatique est une session de stage et non d'étude. Il nous faut donc faire un stage de 15 semaines. Évidemment, normalement, tout le processus se passe au Québec. Mais j'ai voulu m'informer des possiblités de stages à l'étranger, et, après avoir rencontré la responsable de la mobilité étudiante du Cégep, Sylvie Breault, qui m'a été référée par l'une de mes professeures, Louise Tetrault, j'ai pris la décision de pousser plus loin l'expérience et de m'exiler en France! Me voila très impatient de voir la session se terminée... ;-)

Pour l'instant, je sais peu de choses, et c'est d'ailleurs pourquoi j'ai hésité avant de dire oui (eh oui, j'ai hésité). Ce que je sais, c'est que je n'irai pas seul. En effet, une autre étudiante fait parti de notre petit groupe des deux chanceux qui iront « stagier » (ne cherchez pas ce mot dans le dictionnaire...) à Lille. Je la connais peu, car elle ne fait pas parti de ma cohorte, mais j'ai bien l'impression que nous nous entendrons bien. Et puis quatre mois, c'est beaucoup de temps pour se connaître. Nous serons logés dans des résidences universitaires, celles de l'Université Technologique de Lille 1 (le 1 n'étant pas une faute de frappe. Lille 2 et 3 existent... je sais c'est zarbi) et travaillerons à Lille. Nous serons donc Lillois à temps plein.

Sinon, côté monétaire, il nous a fallu nous questionner, car mesdames et messieurs, le stage n'est pas rémunéré. Eh non, il semble que ce ne soit pas dans la mentalité des Français de rémunérer les stagiaires. Pas de rémunération signifie donc besoins financiers importants. Il faut bien comprendre : ce stage va nous coûter quelque chose, et non le contraire. À ce qu'on nous dit, il faut prévoir environ 1000$ par mois minimum, soit un total de 4000$. Heureusement, il y a des possibilités de financements extérieurs. Le projet est soutenu par L'OFQJ - Office Franco Québécois pour la Jeunesse (http://www.ofqj.org) -, un organisme qui a pour mission de « contribuer au rapprochement des jeunesses française et québécoise ». Pour seulement 450$, l'OFQJ nous fournit le transport au Québec, le billet d’avion aller-retour pour la France, l'assurance médicale et responsabilité civile, l'accueil à l’aéroport, la première nuit d’hébergement à Paris et de la documentation sur la France. Il nous aide également à obtenir notre visa de séjour. Ce 450$ est payé par le cégep, grâce à une bourse de 900$, dont on garde la différence. Ensuite, il y a possiblité de recevoir une bourse de 1000$/mois à se diviser entre coéquipiers (donc 500$/mois), et même d'en obtenir deux, soit 1000$/mois par coéquipier, ce qui serait génial et qui payerait notre nourriture, notre hébergement et quelques autres dépenses. Mais ces bourses restent à confirmer.

Voila, c'est ce que je sais. Dès que j'en saurai plus - comme par exemple lorsque je saurai quel sera mon stage - je le publierai sur mon blogue!

D'ici là, bonne soirée!
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