À propos de ... Navarrete


compostelle Najera Viana
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mardi 07 août 2007 Jour 12 - Montagnes russes
Distance parcourue : 17 km
Trajet : De Navarrete à Najera

Aujourd'hui, encore sous la menace de la pluie qui ne tomba finalement jamais (je vais commencer à croire aux miracles), le chemin était entièrement dans la nature. Je ne passais dans aucune ville, ce qui, malgré le fait que je ne devais marcher que 16 kilomètres, donnait l'impression que je cheminais pendant beaucoup plus longtemps. La solitude pendant la marche commence à me peser. Ce que je vois et découvre est magnifique, mais à quoi bon voir tout ça si je ne peux le partager! Non vraiment marcher seul devient de plus en plus pénible. Heureusement qu'il ne reste que quatre étapes, car maintenant ce qui est le plus intéressant dans la journée c'est lorsque je retrouve Méli, et non plus le chemin.

C'est dommage, mais bien que parcourir le chemin seul me donne plus de temps pour réfléchir, j'ai besoin de compagnie. J'apprécie toujours le paysage, mais je trouve le temps long. Un peu avant d'arriver à Najera, notre destination, deux fauteuils étaient déposés en pleine nature. C'était la seule surprise de la journée. En plus, nous avons définitivement « perdu » tous les amis que nous nous étions fait, car nous avons fait 2 étapes en 3 étapes, au contraire de ces derniers.

Je sais, je sais, je m'en rends compte, mes écrits sont maussades, mais je me sens déçu par la tournure des évènements. Je ne suis pas déçu du voyage, car j'aurai passé de très bons moments, mais je sens que les journées de solitude à suivre seront difficiles. Quoiqu'il en soit, cela aura été l'une des plus belles expériences de ma vie, même si pour la vivre j'ai du souffrir physiquement et mentalement.

À ma grande surprise, la soirée m'a réconcilié avec le chemin. Moi et Méli avons passé une bonne soirée. Après le moment excitant où je lui ai fait découvrir ce que j'ai acheté à l'alimentacion, nous avons fait cuir des raviolis et les avons mangés en discutant avec un couple de français. C'était bien intéressant. Nous avons parlé du chemin, des différences de culture entre la France et le Québec, des choses à voir à Paris et même du débarquement de Normandie, ce qui fut un moment émouvant. Nous avons ensuite discuté sur nos lits, moi et Mélissa. Je suis prêt et motivé pour demain.

Il est 8h15, je vais terminer Les Coloriés.

P.S. :  Il y a pleins de canadiens ici! Pas de québécois par contre.

Avec du recul

Tout au long du pèlerinage, ces genres de montagnes russes morales ont eu lieu à plusieurs reprises. La solitude me pesait un jour et me réjouissait l'autre. Le matin j'étais motivé et l'après-midi non ou vice-versa. J'ai compris qu'il n'y avait rien de plus normal, surtout lorsqu'on se sent éloignés de nos proches.

En photos

Dans l'ordre de présentation :
(1) Une fidèle flèche jaune, signalisation pèlerine.
(2) Vous ne rêvez pas, je suis bien assis sur un fauteuil en plein milieu de nul part. Il semble que quelqu'un ait voulu créer un espace de repos pour les pèlerins. Merci au cycliste qui m'a pris en photo!
(3) Un amas de roche formé par les pèlerins. On trouve de ces montagnes de pierres partout sur le chemin. Il s'agit souvent de pierres amenées du pays d'origine. Ces roches représentent les problèmes et les maux du pèlerin, et lorsque celui-ci place l'une des ses roches sur l'un de ces monticules, ses problèmes, selon la légende, restent à cet endroit. Le pèlerin peut donc continuer le chemin en paix. On peut également voir un symbole rouge et blanc, qui signifie que nous sommes dans la bonne direction.
(4) Un paysage de vignes et de terre.

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lundi 06 août 2007 Jour 11 - Nuages noirs

Distance parcourue : 22 km
Trajet : De Viana à Navarrete

Je me réveille du haut de notre lit à trois étages et j'entends la pluie. J'essais d'écouter mieux pour savoir si j'hallucine, mais comme d'habitude les gens sont déjà en train de faire leur sac et tout leur brouhaha m'empêche d'entendre.  Pourquoi se lever à 5h30 aussi? J'ai envie de leur dire de se taire, j'ai dû me lever du pied gauche. Je n'ai d'autre choix que de me rendormir.

À mon deuxième réveil, vers 6h10, je vais voir à la porte fenêtre. Il fait encore trop noir, je ne peux pas voir si le ciel est nuageux. Néanmoins, je sais qu'il ne pleut plus. Je ramasse mes affaires et mange une barre de survie pour déjeuner, n'ayant pu aller à l'épicerie hier. Plus tard, je vais laisser Méli qui ira prendre le bus et je continuerai le chemin.

Heureusement, sauf quelques gouttes avant d'arriver à Logroño - ville séparant mon point de départ et ma ville destination, Navarette – il n'a pas pleut du tout. Au début, je ne pensais qu'à la pluie, mais j'ai fini par me dire que j'étais en Espagne et que ce n'était pas important s'il pleuvait ou non. Ce qui l'était par contre c'était de vivre le moment présent. Et cette tirade souvent entendue m'a fait réfléchir sur l'importance du moment présent.

Je crois que les gens qui disent qu'il nous faut vivre seulement dans le présent on tord. Ils occultent deux parties aussi importantes que le présent de leur vie : le passé et le futur. Je crois que la clé, c'est de savoir maintenir un certain équilibre entre passé, présent et futur. Il est primordial de laisser une place au passé dans notre existence pour éviter de répéter constamment les mêmes erreurs et pour faire un arrêt sur image de ce que nous étions avant en regardant ce que nous sommes aujourd'hui. Le passé nous apprend, il est le témoignage de notre évolution. L'avenir est tout aussi obligatoire, car penser le futur c'est tout simplement se donner un but, une ligne de mire, un sens. Vivre tout au présent, sans penser à demain, c'est agir sans réfléchir aux conséquences à long ou court terme, c'est ne pas se donner de chances d'une vie comme nous la désirons. Le futur est donc lui aussi important. Le présent quant à lui est, bien que n'existant pas selon moi (chaque millisecondes fait parti du passé du moment que l'on y pense), autant nécessaire que les deux autres. Vivre le moment présent nous permet de savourer pleinement ce qui nous arrive, de ne pas vivre qu'en tons de gris, qu'en souvenirs et en projets. Je dois avouer que le présent est le temps que j'ai le plus de mal à gérer. J'y pense rarement. C'est ce que j'essai de faire ici : trouver l'équilibre entre les trois temps.

Pour passer le temps, moi et Méli avons parlé du tout et de rien, une fois que je suis arrivé. Nous avons mangé des saucisses, du maïs, du pouding au chocolat, du popcorn et une barre tendre. Des aliments que nous avons acheté ensemble, car l'épicerie était, pour une fois, près du refuge. Ce fut une belle soirée.

Maintenant, il est 8h00 et je vais lire.

En photos

En ordre de présentation : 
(1) Sur le chemin, il est fréquent de rencontrer des lettres cloués au sol par des bouts de bois ou des pierres. Celle dit dit approximativement (vu mon espagnol plus ou moins bon) : "Cher pèlerins, il est temps pour nous de retourner en France. Nous sommes très heureus de vous avoir rencontrer. Bon chemin à tous. Nous pensons particulièrement à Victor, Jule, Giorgio, Maria... les autres français. Ultréia! (ce qui ne se traduit pas vraiment)".
(2) Durant le trajet, je me suis en quelque sorte perdu dans un cimetière. Les flèches jaunes ne sont pas toujours très précises!
(3) Durant une bonne partie du chemin, on longe une grille de métal. Ce qui est exceptionnel, c'est que du début à la fin, cette grille est remplie de croix de bois faites par les pèlerins. C'est très impressionnant. J'ai d'ailleurs ajouté la mienne au lot.
(4) Une énorme affiche de taureau surplombe la ville de Navarette.
(5) Navarette, enfin!

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