À propos de ... Los Arcos


Ayegui compostelle Viana
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dimanche 05 août 2007 Jour 10 - Sur le balcon de la fenêtre
Distance parcourue : 20 km
Trajet : De Los Arcos à Viana

Los Arcos, Sansol, Torres del Rio, puis notre destination : Viana. Durant le trajet, pendant environ 20 minutes, un homme a joué avec un instrument à bouche de la musique celte. C'était saisissant et enivrant et il égaya notre marche à tous. Puis j'ai rencontré un groupe de 8 ou 9 français. J'ai parlé avec deux d'entre eux de la blessure de Méli et du chemin. Pendant ce temps, Méli attendait la bus, pendant plus de 4 heures, car nous sommes dimanche et il n'y a pas de bus le matin le dimanche en Espagne comme nous l'avons apprit aujourd'hui.

C'est vraiment dommage qu'elle se soit blessée, beaucoup pour elle, mais pour nous aussi, car maintenant, une fois au refuge, nous ne pouvons plus partir à pied pour visiter la ville dans laquelle nous nous trouvons. Nous ne pouvons plus non plus aller au marché ensemble pour choisir nos repas, ce qui était un moment spécial pour nous de la journée. J'ai peur qu'à force le voyage devienne monotone. Parce que le seul moment excitant de la journée, c'est la marche sur le chemin et c'est seulement moi qui en profite. De plus, c'est bien marcher seul, c'est toujours beau, mais cela peut devenir long.

J'adore tout de même être ici. Présentement, je suis assis sur le mini balcon de fenêtre à paravent de notre dortoir. C'est magnifique et je sais que je ne retrouverai cela nulle part ailleurs par la suite. J'apprécie le moment. Dehors, le temps s'assombrit pour la première fois depuis le début du chemin. J'espère qu'il ne va pas pleuvoir demain.

Nous sommes dimanche et nous venons d'apprendre à nos dépens que les marchés sont fermés. Il semble que le dimanche, peu de choses se passent en Espagne. Nous mangeons donc notre restant de spaghetti et le repas de survie – lasagne – de Mélissa. À mon grand étonnement, ce fut bon.

Pendant que j'écris, à côté de moi, Méli lit mon livre. Elle a eu tellement de temps, qu'elle est déjà rendu plus loin que moi. J'ai eu peur aujourd'hui de ne pas la retrouver, car, à cause de l'imprévue du dimanche, elle est arrivée après moi à l'auberge. Je me demande comment elle se sent. Elle m'a avoué être rendue au stade de la colère concernant ses genoux. Espérons que sa blessure guérira vite, bien que je n'aie très peu d'espoir qu'elle puisse marcher à nouveau avec moi avant la fin.

Voilà, maintenant il pleut. Faites que toute la pluie tombe cette nuit et qu'il n'en reste plus pour demain!

Bon, je vais aller soigner une ampoule qui s'est formée entre deux de mes orteils. Heureusement, elle ne fait pas mal et elle est déjà percée.

Qu'il fait chaud!

Avec du recul

Je n'aurai plus d'ampoule du voyage, et celle qui se forma ce jour là ne fera jamais mal.

En photos

Dans l'ordre de présentation :
(1) Je part assez tôt ce matin là pour prendre en photo un magnifique levé de soleil.
(2) Le chemin, en asphalte pour ce bout là.
(3) Un petit abri en pierre pour les pèlerins en difficulté.
(4) Notre dortoir rempli de lits à... 3 étages!

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samedi 04 août 2007 Jour 9 - Premier jour en solitaire
Distance parcourue : 20 km
Trajet : De Ayegui à Los Arcos

Des champs, des noyers, de la terre rouge : c'est ce que j'ai vu après avoir quitté Méli se matin à son destin de femme aux genoux blessés, après l'avoir prise dans mes bras pour la réconforter, et me réconforter moi, car en fait c'est tout ce que je peux faire.

Ayegui, Villamayor de Montjardin et finalement Los Arcos, où j'arrive à 11h30. Méli m'attend devant le refuge municipal. Nous sommes contents de nous retrouver. Ma première expérience de marche solitaire a bien été, mais je dois avouer que le temps passe plus lentement. Plus de temps pour penser par contre.

Notre après-midi fut un peu vide : Méli a lu les 100 premières pages de mon livre, j'ai continué ma lecture également et nous avons joué aux cartes. Puis, pour souper, nous avons fait frire sur la poêle des oignons, piments et champignons, légumes que nous avons mélangé avec du riz. C'était bon et différent.

Sinon, tout va bien, je n'ai pas mal aux genoux, ce qui m'étonne vraiment – je soupçonne mon bâton de marche d'y être pour quelque chose. J'ai encore un peu mal aux épaules et aux jambes, mais c'est tout à fait normal et endurable. Nous avons retrouvé nos amis français et notre amie italienne, que nous avions perdus hier. Pas de signe à l'auberge des polonais.

Nous avons également rencontré au souper un prêtre français et son ami. Le prêtre nous a expliqué la raison de son pèlerinage. Il nous a demandé ce qu'était la nôtre. Je n'y avais jamais réfléchi à fond, je n'ai donc pas trop su quoi répondre. Mais après y avoir pensé, je dirais que c'est en tout premier lieu pour vivre une expérience hors du commun. L'objectif principal est donc atteint. Ensuite, je crois que je cherche à marcher ce pèlerinage pour une question de spiritualité personnelle. Je suis à la découverte de moi-même, de mes limites, je veux redéfinir mes valeurs. Je ne répondrai pas aux questions existentielles grâce à ce voyage, mais je suis persuader qu'il m'aura permit de grandir. Je vois déjà certaines différences chez moi. Je suis plus ouvert à aller parler aux autres, ce qui m'effrayait avant. Pour faire ce pèlerinage, on peut chercher une réponse à une question. Probablement la trouveront nous. Mais avoir une question n'est pas important. C'est la réponse, le résultat final qui compte.

Sur ce, je lis et me couche. Il est 9h30.

Avec du recul

Nous nous ferons demander pourquoi nous avons fait ce pèlerinage encore plusieurs fois durant le voyage. Je répondrai ce que j'ai écrit ici.

En photos

Dans l'ordre de présentation :
(1) Paysage durant ma marche solitaire.
(2) Aux côtés d'un vignoble, des pèlerins se sont regroupés pour profiter de la fontaine de... vin! En effet, on retrouve à cette endroit une fontaire d'eau ainsi qu'une fontaine de vin.
(3) Décourageant... mais si beau! Un long champ à traverser, et ce n'est pas terminé, ça tourne et ça continue!
(4) J'arrive à Los Arcos. Des pèlerins se sont réunis devant le monastère de la ville.

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