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vendredi 27 novembre 2009 Compostelle, jusqu’au bout du monde : première partie
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En été 2007, je commençais quelque chose de grand et de fort, sans vraiment alors en comprendre toute l'importance : la marche du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. El camino de Santiago. J'allais de Saint-Jean-Pied-De-Port en France à Burgos en Espagne avec mon bâton de pèlerin et mon sac, et bien sûr mon amie Mélissa qui m'accompagnait. Je traversais ces 300 kilomètres de montagnes et de champs, sans me douter alors que ce n'était que le début d'une entreprise qui - j'en suis certain aujourd'hui - se poursuivrait toute ma vie.

Parce qu'il y a quelque mois de cela à peine, j'ai décidé d'à nouveau emprunter cette route. Pourquoi? Et bien il y avait quelque chose d'inachevé dans ma première expérience. Je n'avais pas vu la somptueuse cathédrale de Santiago, mes jambes n'avaient pas connu les 800 kilomètres nécessaires pour s'y rendre, mon être se souvenait et il voulait revivre le chemin. J'allais revenir, m'étais-je dit la première fois, je ne savais simplement pas quand. Et bien ce quand, j'ai fini par décider que ce serait en août 2009.

Ne vous y trompez pas, le chemin pour moi n'a rien à voir avec l'Église. Si vous avez pris connaissance de ma marche de 2007, vous le savez déjà. Les gens le marche pour plusieurs raisons, l'un pour la foi, l'autre pour le sport. Je le fais pour ni l'un ni l'autre. Je le fais pour moi, pour croire que je peux dépasser même les limites qui m'ont toujours semblées inatteignables, physiques ou mentales, et pour réfléchir, surtout, faire le point et répondre aux questions qui ne semblent avoir aucune réponse. Et, bien sûr, je le fais pour les rencontres, avec les gens mais aussi avec l'ambiance du chemin, qui est unique, distincte de tout.

Cette fois-ci, j'ai choisi de ne pas me demander d'écrire chaque jour, de ne pas traîner de calepin. Peut-être pour mieux vivre le présent, m'éloigner du quotidien au maximum. Je n'ai donc pas de journal d'étapes à vous présenter, mais je ne pouvais quand même pas passer sous silence ces six semaines si spéciales qui ont fait partie de mon « tour d'Europe ». Voici donc le récit de mon chemin, un aperçu seulement de la marque qu'il a créé en moi.

De Saint-Jean-Pied-De-Port à Burgos, revenir aux sources
J'allais refaire les 300 premiers kilomètres parcourus en 2007. La question ne s'est même pas posée : si j'étais pour marcher jusqu'à Compostelle, c'était depuis Saint-Jean-Pied-De-Port. Le 8 août, accompagné de Dominique, j'ai donc retrouvé ce village qui avait marqué ma mémoire et où je rêvais de retourner depuis la première fois où j'y avais posé les pieds. Ses toits rouges, ses ruelles étroites en dalles anciennes, ses petites boutiques, ses auberges de pèlerins, ses collines verdoyantes et ses bruits - le plus vivant, le tic du bâton de pèlerin frappant le sol. Des pèlerins convergeant de tous les coins du monde vers ce lieu-porte d'Espagne. J'étais ravi, et, comme je m'y attendais, Saint-Jean-Pied-De-Port me donnait la volonté et la force dont j'aurais besoin dans les jours à venir.

Parce que - et je m'en souvenais - les premiers jours allaient être difficiles, avec la traversée des Pyrénées et le mauvais temps annoncé. Pourtant, quand j'arrivais à Roncesvalles, après avoir parcouru les 27 kilomètres de montagnes dont j'avais les plus beaux souvenirs, j'étais loin de me sentir aussi alangui que lorsque je l'avais fait la première fois. Au contraire, je me sentais prêt à continuer. C'était un bon début, surtout que le mauvais temps annoncé n'avait pas eu lieu et n'aurait jamais lieu que par de très fines gouttelettes plus près d'une brume rafraichissante que d'une pluie torrentielle.

Je revis des villages et des lieux dont j'avais un souvenir clair. Les vaches et les chèvres perdues dans le brouillard épais des Pyrénées, le champ où nous avions manqué d'eau, la petite auberge de Larrasoaña, Pamplona, l'Alto del Perdón, la fontaine d'eau et de vin Irache, la beauté de Los Arcos ou encore de Viana. D'autres coins aussi qui subitement me revenaient à l'esprit en les voyant. Les galets posés en étages et peints de jaune, les gigantesques champs de tournesols, la première flèche jaune... Je me faisais un plaisir, à tout moment, de m'exclamer à Dominique que telle histoire s'était passée à tel endroit, et que nous avions rencontré un tel lors de cette étape X. Je m'amusais à essayer de replacer mes souvenirs en ordre, parfois surpris de rencontrer tel village avant tel autre - avaient-ils changé de place? Avais-je passé par ce même chemin la dernière fois? Malgré le meurtrissement de mes épaules par mon sac, la chaleur intense et mes muscles fatigués, je ne pouvais que sourire à l'idée de revivre tout cela, mais aussi de faire de nouvelles découvertes.

Je marchais trois jours seul, entre Los Arcos et Nájera, Dominique ayant dû s'arrêter pour donner un peu de repos à ses genoux qui s'étaient transformés en tendinites, le mal le plus connu du pèlerin après les ampoules. Nous faisions beaucoup de rencontres, plus que lorsque j'avais marché le chemin à 17 ans, la différence d'âge amoindri aidant probablement, parce qu'encore les jeunes pèlerins étaient rares. Que ce soit Cécile, une Française avec qui nous avons formé une amitié sincère, Andrea l'Italien, Louisa la Mexicaine, Gontran le Belge, Olivier l'explorateur ou encore ces deux jeunes de 17 ans, français, qui me faisaient penser à moi et Mélissa sur cette même route quelques années plus tôt, tous avaient des choses extraordinaires à dire et à faire vivre. Mais après Burgos, malheureusement, nous allions en perdre plusieurs de vu.

Au bout de ces treize jours de marche, de nouveau à Burgos deux ans après, je ne pouvais pas croire que j'avais fait, une seconde fois, tout ce chemin. C'était quelque chose d'extraordinaire pour moi, autant que la première fois sinon plus. Et surtout, j'étais impatient de poursuivre, d'aller vers l'inconnu avec Dominique qui, elle, avait déjà parcouru les prochains sentiers.

À suivre, dans un prochain billet...

En images

(1) Ça y est, c'est la deuxième fois que je marche Saint-Jean-Pied-De-Port - Burgos!
(2) Un bar pour pèlerin sur l'Alto del Perdon? Décidemment ces Espagnols... :P
(3) Paysage typique d'Espagne.
(4) Des moutons à n'en plus finir!
(5) Souriez!
(6) Hum... nous ne sommes pas les premiers arrivés à cette auberge. ^^
(7) Saint-Jean-Pied-De-Port!!!!
(8) Les vaches se reposent tout bonnement en plein milieu du chemin...
(9) La place centrale de Viana.
(10) Les pèlerins, ce sont des artistes!

Voir aussi

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vendredi 15 mai 2009 Passer des pâtisseries à la poutine
Vendredi, dans la même journée, j'ai mangé du pain français et je me suis régalé d'une poutine (miam!!!!)­. C'est que je quittais l'Europe pour retourner au Québec. Et je dois dire que ça me fait encore, cette semaine, un peu étrange d'entendre parler québécois partout autour de moi, je distingue des expressions purement québécoises que je n'aurais jamais discernées avant dans les conversations autour de moi. Ça, les montagnes et les grosses voitures...

Suis-je content d'être de retour (question gagnant le prix de popularité haut la main depuis vendredi)? Dur à dire. Je me rends compte que j'aime bien ce petit coin de pays finalement, même si ça n'a rien à voir avec Lille. Rien à voir. Je suis content, aussi, de revoir ma famille et mes amis, ça c'est clair. Mais plusieurs choses me manquent, à commencer par les pâtisseries (vous êtes surpris je suis sûr), puis le métro, la Grand' Place, l'accent (oui, même l'accent!), les gens là-bas... Il me faudra un temps pour redevenir québécois à part entière, et je me demande si je l'aurai ce temps, comme je repars en Angleterre le 3 juillet...

M'enfin, pour l'instant, ça va, le décalage horaire ne m'a pas trop affecté, sauf pour une légère fatigue en après-midi (normal c'est la nuit), et un réveil vers 6h00 du matin (normal il est déjà midi). C'est une trace de là-bas qui persiste et que je ne rechigne pas à avoir...

Pour finir, voici quelques photos de nos derniers jours à Paris où nous avons visité le château de Vincennes et pénétré dans les catacombes de Paris :








En photos

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(1) Paris, Paris, Paris!
(2) L'entrée du château de Vincennes.
(3) Le donjon du château de Vincennes.
(4) Vue du donjon du château de Vincennes.
(5) La cour du château de Vincennes.
(6) Dans les catacombes de Paris... de vrais os empilés. On discerne même un motif et un certain sens artistique dans la disposition de ces os...
(7) Mouhaha, avez-vous peur?
(8) La mort nous attend dans les catacombes de Paris!
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lundi 27 avril 2009 Panorama


Un trucage, bien entendu, puisque je ne possède pas d'appareil à deux million d'euros qui permet de faire des photos panoramiques, mais j'ai une certaine capacité à pivoter sur moi-même et à utiliser Photoshop, haha.

Découvrez donc la Grand' Place de Lille en panorama! Cliquez sur l'image.
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samedi 25 avril 2009 Caroline à Lille!


Évidemment, il n'était pas question d'aller en France sans voir Caroline, notre chroniqueuse française de La Recrue! Et ce n'est pas moi qui suis allé la voir à Paris, mais bien elle qui nous a fait l'honneur de sa visite à Lille. Super, car en même temps elle allait pouvoir découvrir Lille et, nous, lui faire visiter la ville, ce que je rêvais de faire depuis longtemps!

Aprè s s'être bien rempli le ventre (et excitées les papilles gustatives!) au restaurant Renaissance, nous nous sommes promenés sur la Grand' Place et dans les ruelles environnantes. Arrêt obligé, bien sûr, la chocolaterie du Chat bleu, mais aussi les libraires de livres usagés de la Vieille Bourse et le Furet du Nord, où Caroline a été étonnée du choix offert par la librairie - on le remarque aisément quand on fait le compte des livres qu'elle y a acheté! Selon elle, les Émile Zola ne comptent pas, mais ça, ce sont ses règles de calcul à elle! :P Nous avons également fait un détour par la place de la République et par la Porte de Paris, puis avons terminé la journée par un café où nous avons entre autre parlé de son voyage au Québec. Franchement, Caroline a fait honneur à l'opinion que j'avais d'elle par le monde virtuel - pas tant que ça! - du web : une fille dynamique, généreuse et... passionnée de littérature. ;-)

Bref, une journée splendide - contre toute attente, il n'a pas plu! - pour une rencontre tout aussi charmante. Merci à Caroline pour cette belle journée, et aussi pour ses deux présents, des chocolats à mon nom, Maxim's de Paris, et un livre qui semble très intéressant : Paris l'instant de Philippe Delerm, qui présente des textes liés à des photographies de la ville lumière (par Martine Delerm). Bien hâte de le lire... et de le contempler!

À la prochaine Caro! Peut-être au Québec... ^^
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lundi 13 avril 2009 Weekend de Pâques



Peu de choses à dire sur cette semaine, sinon que nous avons profité du beau temps pour nous promener à Lille, que nous sommes retournés au Furet du Nord, avons succombé à la gourmandise en allant chercher deux bonnes pizza à Villeneuve d'Ascq pour Pâques - ah mon dieu, de la pizza à Pâques! - et avons écouté un bon film, Entretien avec un vampire, pour relaxer. Oh, sans oublier un peu de popotte, car nous avons fait un dessert typiquement québécois pour le pot que je ferai vendredi au labo pour mon départ : du sucre à la crème! Que nous avons réussi à part ça, presqu'un miracle pour une première fois. Tout ça grâce à ma grand-maman chérie! Merci grand-mouma!

Cette semaine est ma dernière semaine de travail, et même si j'ai adoré mon stage, je suis content, car j'aurai 3 semaines de vraies vacances. Par contre, cela va surement faire drôle de ne plus voir Valérie, Patrick, Louise, Étienne, Maxence, Marion et Cédric, mes responsables et collègues de travail, presque tous les jours.  M'enfin, j'ai bien hâte de voir ce qu'ils penseront du sucre à la crème. haha

Bonne semaine à tous!

En photos

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(1) Sab, encore en train de manger des bonbons! :P
(2) Le Furet du Nord... j'ai pris une photo, pas pu résister!
(3) Moi coupant minutieusement le sucre à la crème.
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dimanche 05 avril 2009 Appuyer sur pause pour un weekend...


... ce qui est en partie vrai et en partie faux. Nous ne sommes allés nulle part en dehors de la France ce weekend, nous sommes restés tout douillets à Lille. Après un mois de voyages intenses (il n'y a pas un weekend où nous ne soyons pas allés découvrir de nouveaux lieux), cela fait du bien!

Par contre, on ne peut pas dire non plus que nous nous soyons amusés à ne rien faire. Ce serait un gaspillage de temps en sol français, voyons! haha. En fait, nous en avons profité pour voir le Zoo de Lille, un tout petit zoo plutôt sympa, et pour retourner au marché Wazemmes. J'y cherchais entre autre Le second livre de la jungle, que je n'ai malheureusement pas trouvé. Meilleure chance la prochaine fois? J'en suis quand même revenu avec des cocos de Pâques (ben quoi, ça fait déjà deux semaines que j'y pense depuis que j'en ai vu dans je ne sais plus trop quel pays - rappel je-me-pense-bon ici du fait que je voyage beaucoup, haha -, je n'ai pas pu résister cette fois-ci!) et un succulent sandwich de thon, oeuf, salade, tomate et mayonnaise.... oui, OUI, JE SAIS, je parle encore de bouffe!!!!!! Cesse Maxime, cesse!

Mais le point le plus important du weekend, c'est certainement la présence de Arisa à nos côtés! Vous vous souvenez, la Japonaise? Celle qui travaille aussi avec Valérie au labo? Et bien nous l'avons invité à ce joindre à nous pour ces deux activités, et je dois dire qu'elle a mis de la vie! Super marrante, elle nous apprend plein de trucs intéressants sur le Japon, comme le fait qu'il y a des zèbres! (surpris? moi aussi!) Depuis, on s'échange des mails à n'en plus finir, tellement qu'elle sait maintenant que l'un de mes surnoms est Jesus. Vraiment, elle est super!

Voila, c'est à peu près tout pour cette semaine. Nous ne sommes pas allés loin, mais entre découvrir un nouveau pays, et rencontrer une personne aussi charmante qu'Arisa, est-ce que qu'il y a vraiment une différence? Prochaine fin de semaine, même plan de repos.

Bonne semaine!



Encore des photos




En photos
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Dans le texte
(1) Moi, Sabrina et Arisa au Zoo!
(2) Merde, déjà oublié le nom de cet animal!
(3) Arisa et ses baguettes de pain!
(4) Il essayait de se cacher, mais je le voyais, moi!

Section "Encore des photos"
(1) A little bird.
(2) Arisa qui fait encore une drôle de tronche sur la photo. ^^
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jeudi 19 mars 2009 Hey biloute! Ch'tun hommage aux ch'tis!

Non, ce n'est pas du joual que vous lisez, mais bien du ch'timi, un accent - ou plutôt une langue en soi - du Nord français! Je rassure les Québécois, à Lille en tout cas, le ch'timi n'est pas courant. Donc pas besoin d'apprendre une autre langue si vous venez dans le Nord, haha. C'est ici un hommage aux ch'tis composé de photos que j'ai prises au Centre historique minier de Lewarde.
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dimanche 15 mars 2009 Vivre l'Europe, vivre Lille

Cette semaine fût très spéciale et bien remplie. Alors que je souffrais du mal du pays, elle a réussi à guérir cette plaie qui faisait ombre sur mon séjour ici depuis déjà une semaine.  Après deux mois, je voulais revoir mes amis du Québec, ma famille... retourner à mes habitudes et à mon confort québécois. Mais après une telle semaine, tellement vivante et inondée de rencontres et de découvertes, je suis prêt pour un autre deux mois, plus passionné que jamais par mon aventure ici!

Tout commence, mardi, par des crêpes, des Français et des Japonais (tiens, quel bon titre de pièce de théâtre, haha). Mélanie, alias vieille fontaine pourrie - c'est l'équivalent de son nom en japonais, ce n’est pas sa faute -, nous invite à une soirée crêperie au Repaire du Lion. Une soirée fantastique, parmi les plus belles que j'aie passée depuis mon arrivée, sous le signe du multiculturalisme. En effet, Français, Québécois et Japonais sont à la même table, échangeant parfois en anglais, d'autres en japonais ou en français. Le sentiment que j'avais se confirme : je reconnais un peu en eux mes amis québécois, je retrouve de leur générosité et de leur folie. C'est bien, on se sent chez soi.

Le menu incite à revenir plusieurs fois : impossible de faire un choix parmi toutes les succulentes options de crêpes salées et sucrées. Je finis quand même par me décider et choisie une crêpe aux œufs et champignons, suivie d'une crêpe dessert métisse au chocolat blanc et noir. Je rigole bien en voyant l'œuf miroir dans ma crêpe-repas, mais je me régale. Bien que le sirop d'érable me manque, ma crêpe dessert n'a rien à envier à la crêpe typiquement québécoise en débordant. Après le repas, ce n'est pas terminé. Alors que d'un côté de la table l'on tente de faire dire "anticonstitutionnellement" ou encore "Les chemises de l'archiduchesse sont-elles sèches ou archi-sèche?" aux Japonaises, l'autre côté est en pleine tâche de traduction des noms français en japonais. J'apprends ainsi que les Japonaises, après beaucoup de pratique, peuvent réciter des phrases que nous n'arrivons même pas nous-mêmes à prononcer correctement, et que mon nom en japonais signifie "démon magique immortel". Je suis ravi - car je me rappelle la signification du nom de Mélanie -, mais je n'ai pas le plus poétique des surnoms. En effet, Lucie mérite le nom d'une pierre précieuse, le lapis-lazuli, et Sabrina celui de "village vert qui danse dans le sable".

Jeudi, je fais quelque chose que je n'ai pas fait depuis des années : patiner. C'est Étienne, qui travaille également au PC2A, qui m'invite à venir avec lui et ses amis à la patinoire de Lille. Les attentes sont grandes envers les Québécois, j'ai l'impression que, selon les Français, nous devrions normalement pouvoir faire du patin artistique sans problème. Or, nous savons, nous, que ce n'est pas le cas. La première tentative est plutôt désastreuse : mes jambes sont comme des flageolets dans la poêle et je peine à avancer. Mes patins sont beaucoup trop grands, alors je vais les échanger. Les autres tentatives sont beaucoup plus efficaces, mais je tomberai quand même deux fois pendant la soirée, dont l'une plutôt douloureuse. Reste que je me suis amusé tel un enfant et que j'ai pris conscience que j'étais en train de réaliser mon rêve de vivre en Europe pendant plusieurs mois. Aller à la patinoire, tu ne fais pas ça en voyage, tu le fais lorsque tu habites en un lieu pour un très bon moment. De là mon titre : je vivais Lille, je vivais À Lille. Cette soirée est très significative à mes yeux et elle marque une nouvelle étape de mon séjour ici, celle du citoyen Lillois (peut-être pas légalement, mais dans ma tête c'est le cas).

La journée de samedi, prévue déjà depuis belle lurette, s'est passée en deux temps. D'abord, Vimy. Vous savez ce lieu de grande bataille où les soldats canadiens ont, lors de la Première Guerre Mondiale, aidé les Français à récupérer du terrain? Et bien nous avons visité cet espace géographique appartenant maintenant au Canada - la France le leur ayant donné pour les remercier de leur aide. La visite - tranchés, souterrains et mémorial canadien - fût très intéressante et marrante, considérant notre situation en ce lieu... nous étions... chez nous?

Ensuite, nous nous sommes rendus au Centre historique minier de Lewarde. Nous ne pensions pas trouver un intérêt à cette partie de la sortie culturelle, mais nos guides connaissaient tellement bien leur sujet que c'en était finalement captivant. L'un de nos deux guides était un Ch'ti - je crois déjà vous avoir parlé des Ch'tis, ce serait l'équivalent des Acadiens en France - et parlait, évidemment, Ch'timi. Il avait été mineur dans la mine transformée en musée et savait donc de quoi il parlait. Nous en avons donc beaucoup appris sur cette activité économique qui fût si importante dans la région du Nord-Pas de Calais.

Finalement, comme la cerise sur le sundae, - c'est une expression québécoise ça? - est venue en soirée, un peu par surprise, la grande parade d'ouverture de Lille 3000 Europe XXL, une fête monumentale qui durera quatre mois à Lille. Je dis "par surprise", car nous n'avons su qu'au milieu de la semaine que cette grande fête allait avoir lieu. Tout Lille devait certainement y être -  il faut prendre en compte le demi-mètre cube que nous avions pour respirer -, et l'organisation était phénoménale. Sur la rue Faidherbe, avenue reliant la gare Lille Flandres à la Grand' Place, des statues ébène avaient été installées. La parade se préparait, les gens attendaient depuis des heures, fébriles. Puis la parade a commencé. Entourés de deux géantes marionnettes de lumière, les acrobates, danseurs et musiciens se sont mis en branle. Presqu'en même temps, le bal aérien prenait de la hauteur, nous dévoilant des lutins-joueurs-de-tambour multicolores et des filets humains surprenants d'immensité.

La parade passée, nous nous sommes débattus pour nous déplacer vers la Grand' Place. Mais comme cela en valait la peine! La façade d'un grand bâtiment de la place avait été transformée en véritable scène où nous émerveillaient de leur voix des choristes, installés deux à deux à chaque fenêtre. De l'autre côté, un autre bal aérien avait lieu. La combinaison des deux œuvres était si belle, si harmonique et emmêlée, que l'on pouvait presque sentir nos pieds se suspendre dans les airs pour rejoindre le bal masqué se déroulant au dessus de nos têtes. Ce fût pour moi le moment le plus fort de la soirée et j'ai encore l'impression de vibrer telle la corde d'un violon en écoutant les vidéos que j'en ai pris - et auxquels, bien entendu, vous aurez droit plus loin dans ce billet.

À ce moment, suite à notre déplacement aux prochaines étapes de la fête d'ouverture, Sabrina me laissa pour aller dormir, un mal de tête la terrassant. Je profitai donc seul de la chorale dont faisait partie Pierrick, l'un des Français accueillant les Japonais. Puis, entendant les premiers feux d'artifice avertissant  l'imminence du commencement  du bal aérien, de lumière celui-là, je me déplaçais vers l'immense feu de joie qui attendait la foule au square Dutilleul. Une dizaine de feux encore, de plus en plus rapprochés, puis les vrais feux d'artifices commençaient. Le spectacle était étonnant, d'autant plus qu'il se produisait à quelques mètres seulement des bâtiments entourant le square. Je ne fus pas déçu. Après avoir fait un détour par l'Opéra pour voir l'immense boule disco éclairant la place, je m'arrachais à cette vision de rêve pour prendre le métro avant qu'il ne soit plein à craquer de Lillois voulant rentrer chez eux. Et comme tout Lille était venu, cela risquait d'être plutôt pénible. Pourtant, aucune file à la station de métro, seulement des trains remplis à ras bord. Cela aurait pu être pire.

Je vous raconte tout cela et j'ai du mal à croire que je suis bien cette personne de qui je parle. Pourtant, c'est bien moi, moi qui suis tombé sur le derrière à la patinoire, moi qui me suis régalé de crêpes, de musiques, de voix et de feux d'artifice. Je le trouve tellement chanceux ce Québécois, je me trouve si gâté. Je vis les plus beaux moments de ma vie, et je ne veux en laisser filer aucun.

Je vous laisse sur d'autres photos et sur un petit montage vidéo rapide de Lille 3000. Comme prévu, le weekend prochain, c'est Cologne qui nous verra marcher dans ses rues.

P.S. : J'aimerais remercier Mélanie et Étienne pour leur invitation. Et aussi l'AMEL (Association Marocaine Étudiante de Lille) pour avoir organisé la sortie culturelle Vimy-Lewarde. Je me suis bien amusé cette semaine grâce à vous!

P.S.2 : Puisque je suis totalement naze, je n'ai pas de photos de la soirée à la crêperie ou de celle à la patinoire, pour cause d'oublie de l'appareil photographique. Vous avez le droit de me lancer des pierres, je me lapide déjà moi-même.

P.S.3 : Merci aussi à JimmyBoy et à Liza pour leur cadeau envoyé par la poste! Ça ne paraît peut-être pas comme ça, mais ça fait chaud au coeur. JobinBoy est heureux ici, il vous dit bonjour. :P

Encore des photos








En photos

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Dans le texte
(1) La Grand' Place de Lille quelques minutes avant la grande parade d'ouverture de Lille 3000... divin!
(2) Photo (pas prise par moi) de la crêperie.
(3) Photo (pas prise par moi) de l'intérieur de la crêperie.
(4) Les tranchés canadiennes de Vimy.
(5) Centre historique minier Lewarde.
(6) Un géant de lumière! Mais vraiment géant, une marionnette en plus!
(7) La façade du bâtiment de la Voix du Nord transformée en chorale grandiose. La plus belle façon de rendre magique la Grand' Place!
(8) L'opéra illuminé par une boule disco géante... j'aurais voulu rester là toute la nuit tellement j'étais bouche-bée...

Section "Encore des photos"
(1) Les ravages des tirs d'obus et des mines lors de la bataille de Vimy s'étant passée du 9 au 12 avril 1917.
(2) La seule fois où je photographierai le drapeau canadien sans avoir mal au cœur... C'est quand même bizarre de le voir en France.
(3) Le mémorial canadien, monument en mémoire des 3598 canadiens tombés lors de la bataille de Vimy.
(4) La salle des pendus, où les mineurs pendaient leurs vêtements après une dure journée de travail.
(5) Daniel, notre guide ch'ti qui parlait, évidemment, le ch'timi et dont on comprenait que la moitié de ce qu'il disait.
(6) De retour de notre petite sortie en bus, nous découvrons une Lille transformée pour la grande fête de Lille 3000, Europe XXL!
(7) Un filet de corps humains suspendu au dessus de la Grand' Place.
(8) Comme si de transformer cette façade en chorale n'était pas suffisant, voilà qu'elle devient une œuvre d'art!

En vidéos
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dimanche 08 mars 2009 Tourcoing, Japon et manifestation

Je vous vois déjà vous demander, derrière votre écran, quel est le lien entre ces trois mots : Tourcoing, Japon et manifestation. Et bien c'est qu'il s'est passé beaucoup de choses cette semaine, et pas question d'en oublier une sur mon blogue! C'est donc un petit melting-pot de la semaine que je vous propose.

D'abord, la semaine a été marquée par l'arrivée du Japon à Lille! Et oui, un groupe de Japonais arrivait ici, dont Arisa, une nouvelle stagiaire de Valérie, ma responsable, qui travaillera donc avec nous! Malgré la barrière de la langue, ma rencontre avec elle fut très intéressante - et se fit en anglais, qui était bien loin dans ma boîte cranienne, avec son thé et un confort bien ancré. Déjà, grâce à Arisa, je connais deux mots japonais : Conichoua qui veut dire bonjour et sayonara qui signifie au revoir. En même temps, j'ai fait la connaissance des Français qui les ont accueillis ici et qui, heureusement, parlent un peu le japonais (un peu? mais que dis-je, ils le parlent vraiment très bien, surtout si on les compare à moi et mes deux mots, haha). Ils sont tout aussi sympathiques qu’Arisa et ont été très accueillants avec moi en m'invitant à les rejoindre pour déjeuner. Je m'entends plutôt bien avec eux, alors j'espère les recroiser!

Ensuite, j'ai eu l'occasion de participer à une manifestation française! Vous savez comme les français aiment manifester, c'est dans leur culture, comme ils disent. C'était donc un incontournable que de les suivre à l'une d'entre elles, et j'ai pu le faire grâce à Valérie qui m'a très gentiment proposé de venir avec eux manifester pour la survie de la recherche et du système éducatif en France (de ce que j'en ai compris et de ce qu'Étienne m'en a expliqué). J'ai un peu vu la chose comme une sortie culturelle et j'ai franchement apprécié. On crie, on chante et on fait la vague! À droite, la pancarte que je m'étais faite et qui a bien fait rire Valérie et Louise.

Finalement, nous avons terminé la semaine en beauté en assistant au Défilé de géants de Tourcoing, une petite ville tout près de Lille accessible en métro. J'avais déjà entendu parler des géants des festivals français, mais j'étais loin de m'imaginer leur folie et leurs danses! Rigodons, rock ou trash, ils dansent sur toutes les musiques et feraient rigoler n'importe quel dépressif.

Mais la journée des géants à Tourcoing n'est pas seulement un défilé de géants. Après s'être restauré dans un magnifique restaurant asiatique - où j'ai réussi pour la première fois à manger avec des baguettes durant tout le repas -, nous avons été captivés comme des enfants de trois ans par la Parade Nocturne. Vraiment, je n'ai jamais rien vu de tel au Québec. Des musiciens, des acrobates, des cracheurs de feu et des acteurs qui se poursuivent et s'interpellent dans un synchronisme parfait. Une beauté sonore à en couper le souffle, de superbes costumes extravagants et colorés. Le plus surprenant pour nous, Québécois, ce fut de voir que ce n'était pas que la parade qui se déplaçait à travers la foule, mais aussi et surtout la foule qui courait pour suivre la parade, les feux et la musique! Cela donnait une fête beaucoup plus dynamique et permettait d'être à seulement deux pas de la prestation - assez pour recevoir des braises dans les yeux! En somme, il est très difficile d'expliquer l'ambiance de cette fête. C'est totalement indescriptible, il faut vivre l'expérience pour bien saisir la joie et la frénésie qui y a lieu. Cela surpasse à mes yeux Dunkerque et vaut grandement la peine d'être vécu à nouveau, avec quelqu'un avec qui le partager!

Je vous laisse avec des photos et des vidéos de cette soirée à Tourcoing, question de vous donner quelques frissons et une envie irrésistible  de me rejoindre à Lille, haha.

Bonne semaine!

Encore des photos


 

En photos

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Dans le texte
(1) La finale de la Parade Nocturne du festival des géants de Tourcoing.
(2) Arisa, la stagiaire japonaise!
(3) Ma pancarte purement québécoise lors de la manifestation.
(4) Le défilé des géants et ses rigodons!
(5) Musiciens de la Parade Nocturne.
(6) La Parade Nocturne et ses feux!

Section "Encore des photos"
(1) Ok... ELLE est assez traumatisante en vrai avec ses mains molles et sa tronche de démone!
(2) D'autres géants, plus rock n'roll!
(3) Juste pour vous donner une idée de la distance qui nous séparait des musiciens!
(4) Les sauteurs de lune, de drôles de petits bonhommes et petites bonnefemmes sautillants et parlant une langue lunaire. Ici ils nous donnent l'impression d'avoir basculé dans un autre monde!
(5) Une géant squelette enflammé! C'est quelque chose à deux mètres de soi!

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mercredi 25 février 2009 Poutine en France, premier essai
Je suis québécois, donc j'aime manger de la poutine. Le contraire est aussi vrai : j'aime manger de la poutine, donc je suis québécois. J'aime la poutine et la poutine, j'ose espérer, m'aime. C'est une relation conjugale très difficile à vivre lorsqu'on est à l'extérieur de notre beau futur pays (une petite pointe de revendication souverainiste ici). C'est pourquoi j'ai tenté, mardi soir passé, d'amener mon aimée ici, puisque je ne peux me rendre là-bas. Voici le résultat de mon expérience.

D'abord, la recette :
 
 
 
Ingrédients originaux
- Des frites
- Du fromage en grain, plus communément appelé "du fromage en crotte qui fait kwik-kwik" (en écrivant ceci je me rend soudain compte à quel point l'alliance de l'expression crotte et du bruit kwik-kwik porte à réflechir)
- Une sauce brune (surtout pas BBQ, s'il-vous-plaît épargnez moi!)
- Un cabochon, pour rassembler le tout

Ingrédients de ma première tentative de poutine en sol français
- Des patates à déjeuner (résultat d'une étude comparative poussée entre la taille de mon congélateur, la taille d'un sac de frites congelées - dépassant la taille complète de mon réfrigérateur  - et la taille d'un sac de bonnes vieilles patates... hum hum, pommes de terre... à déjeuner).
- Du fromage cheddar blanc retroussant le papier-peint de ma chambre (qui a dit que j'avais du papier-peint?)
- Une sauce brune à viande
- Moi, donc l'ingrédient du cabochon n'a pas été trouvé en France (comme je me sens humble ce soir)

Procédure
Au Québec (coeur sensible et/ou religieux s'abstenir) : "Tu calisses la sauce sé frites cuites pis tu garoches le fromage en crotte su'l DESSUS. "

En France : "À l'aide d'une louche, déposer savamment le coulis à viande sur les pommes de terre frites préalablement disposées sur un plat à large bord. Finalement, émietter un fromage cheddar QUI SENT LE CALISS " ... Oups! Rechute! ... "sur le tout. Déguster à l'aide des couverts habituels. "

Résultat
Une fois de plus, la preuve est faite que le fromage est l'ingrédient le plus important lors de la préparation d'une poutine. Bien que les patates à déjeuner et la sauce n'avaient rien à envier à leur homologue de la recette originale, le goût trop fort du cheddar français volait la vedette (pour ceux qui aiment) au reste des ingrédients. Patates à déjeuner et sauce brune s'en allèrent tristement. Je déclare donc échec ma première tentative.

Y en aura-t-il une deuxième? Pour le moment je digère toujours la première...
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lundi 23 février 2009 Carnaval de Dunkerque
La foule est en délire et remplie l'air et la rue de ses couleurs, de sa fantaisie. Un homme en jarretelle tient le bras d'une vache hollandaise pour éviter de la perdre. Un punk fréquente une fée, un pirate, lui, se tient avec une... c'est quoi ça? Le temps est plutôt beau, mais pourtant il est impossible de faire le compte exacte du nombre de parapluies hautement perchés que l'on peut apercevoir à des milles à la ronde. Chacun à son plumeau, son chapeau extravagant, son habit en fleur. La ville va craquer et de ses rues vont déborder les couleurs de centaines de milliers de drôles de gens. Non, vous n'avez pas fumé un joint, et vous êtes toujours sous la barre du 0.8. Alors quoi, direction l'asile? Et bien non! Vous êtes au Carnaval de Dunkerque!

J'y étais moi aussi, avec mon gilet jaune fluo, "Je suis québécois et je suis au Carnaval de Dunkerque!" écrit dans le dos! (Faut croire que j'avais peur de l'oublier). Avec Sabrina, j'ai joué au carnavaleux et ai suivi la bande dans sa marche à travers les rues. Non mais quand même, quelle ambiance! Des chansons rythmées que les Dunkerquois et les habitués connaissent par cœur,  des tambours, des trompettes... Nous avons rencontré un tas de gens sympathiques, qui nous interpellaient en sacrant et en faisant des tentatives de pseudo-accent québécouah, pensant qu'ils y étaient - bah oui, avec mon passeport de tatoué dans le dos, c'était plutôt inévitable. J'ai reçu la "médaille d'honneur" du carnaval de la part d'un Dunkerquois, c'est-à-dire un bout d'arêtes de harengs qu'il a épinglé sur mon foulard. Il sent maintenant affreusement le poisson, mais ça m'a beaucoup touché - au nez entre autre. C'était la plus belle façon de me dire "bienvenue parmi nous"! Et les rencontres ne furent pas que françaises... nous avons également trouvé, parmi la foule, une québécoise - non mais est-ce que c'était une bonne idée de mettre un dossard écrit "Québécois" ou pas! Et étudiante à Lille avec ça! Nous étions tous les trois fous de joie.

Le moment fort du carnaval - et l'explication des parapluies en surabondance? Le jet de harengs. Dès lors que nous approchons de l'hôtel de ville, on peut déjà sentir l'excitation de la foule. Parce que tout le monde sait que dans les minutes qui vont suivre, le maire sortira avec ses invités sur le balcon de l'hôtel pour... jeter des harengs partout sur la grande place bondée! Et rapidement, ça ne sent plus l'excitation, mais bien le poisson!

Vivre le Carnaval de Dunkerque est une expérience unique. Je serais très surpris de savoir que nous avons l'équivalent au Québec, si ce n'est que par la quantité de gens surprenante qui y participent. J'ai des couleurs pleins les yeux, des souvenirs pleins la tête... comme j'ai bien fait de faire mon stage à Lille! Et merci à Laurène de nous avoir parlé du Carnaval!

Nos prochaines destinations : Bruges, une ville à l'ambiance médiévale en Belgique et probablement Cologne, en Allemagne.

Bonne semaine à tous!

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Dans le texte
(1) Gros plans sur le Carnaval.
(2) La magie du Carnaval de Dunkerque!
(3) Moi, Sab et Léonie Bourrassa, la québécoise que nous avons rencontré!
(4) On s'entasse, on s'entasse, c'est l'heure du jet de harengs!
(5) Quel beau déguisement rose!

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(1) Et oui, c'est encore moi qui mange! Une spécialité de la région cette fois, un cornet de frites!
(2) Vue sur le carnaval prise 2.

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lundi 16 février 2009 Weekend tranquille

Ce weekend, porte-monnaie oblige, fût un peu plus relax que le dernier à Bruxelles. Cela nous a toutefois pas empêché de continuer à découvrir Lille et ses multiples facettes! Samedi, l'une d'entre elles, que nous avions pourtant vu à plusieurs reprises, nous a surpris. Il s'agit du bâtiment de la Vieille Bourse de Lille, tout près de la Grand' Place, qui, à mon grand bonheur, accueil les gens du peuple en son sein! Et qu'est-ce qu'il y a entre ces murs et ces arcs rouges et dorés? Un marché du livre usagé! De très vieux livres, mais aussi des pièces de monnaie datant de l'époque de Napoléon III, des BD, des DVD, de vieilles cartes... vous imaginez la joie que j'ai eu à trouver cet endroit mixant architecture et littérature!

Outre cela, nous nous sommes informés des pièces et tarifs du Théâtre du Nord de Lille et avons visité le vieux Lille et l'entourage de la Citadelle. Pour dîner (souper), nous nous sommes "payé la traite" - pour employer une expression typiquement québécoise - en nous préparant un bon petit repas maison : poulet dans sa sauce aux champignons et oignons verts accompagné d'un sauté de légumes à la chinoise. Sans oublier une bonne flûte (petite baguette de pain) de... devinez où... chez Paul! Et bien oui, je n’étais pas pour tromper Paul avec un autre de ces soi-disant pâtissiers! Pour clore la soirée, nous sommes allez au Palais des Beaux-arts avec l'intention de profiter d'une pièce de théâtre offerte dans le cadre de la Saint-Valentin. Nous ne sommes par contre pas restés longtemps, car nous étions assis tellement loin que nous ne voyions ni n'entendions les acteurs. Nous avons donc préféré nous déplacer vers la chaleur d'un café et, pourquoi pas, la saveur de quelques mignardises! (en l'occurrence, un sorbet à la framboise, un macaron au chocolat et un dessert au pain d'épice et à la crème)

Dimanche, nous nous sommes levés tôt pour aller au marché de Wazemmes, l'un des plus grands de la région du Nord de la France. Entre les stands des brocanteurs, marchands, vendeurs de livres usagés et les étales de fruits et légumes, nous avons dégusté un sandwich chinois et quelques bonbons auxquels nous n'avons pu résister. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que ce n'était pas la dernière fois que je m'y rendais... quelle ambiance!

Sinon, j'adore toujours mon stage. Je développe maintenant un site internet pour le projet CERPA et j'ai hâte à chaque matin de me rendre au bâtiment C11. Le weekend prochain, nous irons au carnaval de Dunkerque, une ville située tout au nord sur le bord de la mer. Une lectrice de mon blogue (salut Laurène!) m'a aimablement proposé plusieurs activités à faire dans la région, et le carnaval en fait partie. Cela m'a l'air très intéressant et coloré (http://www.ville-dunkerque.fr) , j'ai bien hâte d'y être!

Grande nouvelle avant que je vous laisse : nous avons déjà décidé où nous irions tout juste avant notre retour au Québec, pendant notre semaine de vacances. Et ce sera Venise! J’ai toujours voulu me rendre en Italie, en particulier à Venise, et le prix du billet d'avion était trop tentant (83 euros)!

Bonne semaine à tous!
 
 
 

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Dans le texte
(1) La cour intérieure de la Vieille Bourse de Lille! Servez-vous parmi tous les vieux livres qui vous sont offerts.
(2) Une ruelle de Lille.
(3) Un aperçu du marché de Wazemmes... mais vraiment un aperçu parce que c'est gigantesque!
(4) Hum... avouez! Comment résister?
(5) Toujours le marché, zone fruits et légumes!

Section "Encore des photos"
(1) C'est tellement beau, des livres!
(2) Sabrina qui coupe les légumes pendant que j'essaie, avec mon talent naturel en cuisine, que notre poulet survive à ma cuisson.
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vendredi 13 février 2009 Il pleut des cartes!

Je n'ai jamais eu autant de cartes de toutes sortes que depuis que je suis arrivé à Lille. Tellement que mon portefeuille est sur le point d'exploser. J'ai :

Ma carte étudiante de l'Université des Sciences et Technologies de Lille, car même si je suis en stage, je suis considéré comme étudiant à part entière! Elle me donne accès à des rabais, à la bibliothèque et me sert de carte d'identité.

Ma carte de transport Viva que je n'ai reçu que cette semaine (Transpole ayant mis la mauvaise adresse) mais qui me permet de prendre le métro à volonté pour seulement 30 euros par mois.

Ma carte Auchan... dont je suis un peu moins fier - Auchan est un hypermarché, à l'image de Wal-Mart, mais en un peu moins pire, je l'espère - mais qui me permet d'économiser un peu... et ça compte sur un budget serré.

Ma carte Crous sur laquelle je mets de l'argent et qui me sert de carte de débit au RU - restaurant universitaire - où je vais déjeuner et dîner pour seulement 2,85 euros!

Ma carte 12-25 qui me donne des rabais forts intéressants sur les billets de trains! Le train est vraiment le moyen de transport prévilégié des Européens, cela n'a rien à voir avec les trains du Canada.

Et finalement, ma carte d'appel, parce qu'il faut bien téléphoner de temps en temps!

Ralala, que je vais en avoir des souvenirs plastiques!
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mardi 27 janvier 2009 Premières fois
J'ai fais la bise pour la première fois ce lundi. J'étais tout content... mais j'ai manqué mon coup! Elle sourit et elle dit : "C'était quoi ça? Une bise québécoise?" Puis, devant la tronche que j'ai dû lui faire, elle rajoute "On se touche ici!". Et elle pointe ses joues. Puis un peu plus tard dans la journée, elle me demande comment on fait la bise au Québec. Je lui dis qu'on ne la fait pas vraiment, sauf parfois avec la famille, que c'est plutôt la poignée de main. "Je ne me vois vraiment pas te faire une poignée de main!"

Autre première fois. Tatiana a la brillante idée de sortir pour aller lire dans un café. Je décide de l'accompagner, en lui promettant de ne pas la déranger. Après avoir marché un peu dans les rues illuminées de Lille, nous nous sommes arrêtés à un café, puis à un autre, pour finalement choisir un café avec vue sur la Grand' Place. Je me suis conmandé un café crème, sans attentes précises. J'adore l'odeur du café, mais je n'ai jamais aimé en boire. Mais nous sommes en France, comment faire autrement?  Et je n'ai pas regretté! Ce café m'a surpris, tant par son goût que par sa douceur. Pour la première fois, un café me plaisait. J'étais à Lille, la Grand' Place devant mes yeux, en train de lire, avec un café délicieux  prêt à être dégusté. Qu'est-ce que j'aurais pu demander de mieux?! (dormir après avoir pris un café à 9h00 du soir, probablement... haha)

Aussi scoop, nous n'irons pas en Belgique ce weekend, mais plutôt à Amsterdam! L'une des classes de Tatiana organise cette sortie pour 10 euros seulement, et nous laisse venir avec eux pour 15 euros! J'ai hâte d'y être.

Bonne semaine!
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samedi 24 janvier 2009 De l'autre côté de l'Atlantique
Jeudi soir. Je marche en revenant du boulot. Je vois l'herbe et la rue sans neige, les dalles sur lesquels je pose mes pieds. J'admire le sombre du ciel, les étoiles qui y sont fixées, comme des lucioles sur un plafond de miel de bleuet. Je sens l'odeur de l'air, je laisse le vent me frôler. Et lors de cette soirée pourtant sans nuage, l'éclair surgit : je suis en Europe! Et oui, vous avez bien compris. Je me suis vraiment rendu compte que j'étais en Europe que cette semaine. Le stress était tombé, le sourire revenu, les conditions réunies. Je suis à Lille, en France. Je suis en train de réaliser l'un de mes grands rêves, celui de vivre en Europe pour plusieurs mois!

Et donc, de l'autre coté de l'Atlantique, ma vie prends un sens nouveau, je change de mode de vie. Et pour changer de mode de vie, je change. Vous m'avez déjà vu danser? Et bien pauvre de vous, vous avez manqué quelque chose. Dimanche dernier, Tati et Sab réussissaient à m'amener au Baobab Café pour m'y faire danser la Salsa! Photo à l'appui, je vous jure. Bon, on ne peut pas dire que j'étais très bon - même si les filles vont dire le contraire pour me faire plaisir -, mais ce fut tout de même une belle soirée! Sinon, toujours dans le même ordre d'idée, celui du mode de vie, je n'ai jamais mangé autant de poisson. Les Européens, du moins les Français, mangent beaucoup plus de poisson que nous. Au restaurant universitaire - qui est maintenant ouvert le soir, hourra! -, il est apprêté à toutes les sauces : en pâté, en brochette, dans une sauce... et c'est bon, je dois l'avouer, moi qui ai toujours dit ne pas aimer le poisson. C'est la même chose pour le dessert. Bon dieu qu'ils font de bons desserts! Pâtisseries, mille-feuilles, pâtisseries, crêmes brulées, PÂTISSERIES, gâteaux, PÂTISSERIES (j'ai dit que j'aimais leurs pâtisseries?), pudding.... Rien à voir avec les desserts de notre cafétéria au cégep!

Côté stage (parce que c'est quand même pour ça que je suis ici, pas pour les pâtisseries!), la panique est tombée. Je comprends de mieux en mieux le projet qui est intéressant tant du point de vue informatique que scientifique. La semaine prochaine, je vais assister à une réunion entre les divers partenaires du projet, qui sera surement très enrichissante. Et je rencontrerai Valérie et Patrick pour parler plus en détail de ma prochaine tâche... dont je n'ose parler, car je suis tenu par le secret. C'est très sérieux la recherche!

Ce qui l'est un peu moins, mais qui est  tout aussi amusant, ce sont les découvertes que nous avons faites cette semaine. D'abord, après avoir écouté deux films français, je peux déjà affirmer que la rumeur voulant que ceux-ci soient mauvais est complètement fausse! Bienvenue chez les Ch'tis (voir bande-annonce ici) m'a fait connaître la région - car l'histoire concerne le Nord-Pas-de-Calais, exactement où je suis présentement - et rire, tout comme De l'autre côté du lit dont j'ai rapidement parlé ce matin (et qui m'a couté 8,50 euros! Dernière fois que nous allons à ce cinéma). Hasard ou non, on y retrouve le même acteur, Dany Boon. En dehors des films, nous avons aujourd'hui continué notre visite de Lille. Nous voulions aller voir la citadelle Vauban, mais elle n'est ouverte au public qu'à partir du mois de mai.  À la place, nous avons flâné dans les rayons de la plus grande librairie en Europe, le Furet du nord située sur la Grand' Place de Lille. Huit étages de bouquins, de DVD et de papeterie! Mais juste avant, nous avons fait un arrêt au Chat bleu, une chocolaterie magnifique qui existe depuis 1912 . Le chocolatier, très sympathique, nous a raconté qu'il avait déjà vécu au Québec pendant 6 mois et nous a offert une carte postale à l'effigie de sa boutique. Nous n'avons pu résister : nous avons acheté un chat bleu (nom du chocolat le plus bon au monde)!

Avant de terminer, je veux absolument  parler de Paul. Paul est beau. Paul sent bon. Paul est magique. Je l'aime. Paul est une pâtisserie et une boulangerie! (et oui je parle encore de pâtisseries, ce pourrait être le nom de ce billet!) Il est partout dans la ville. Sur la Grand' Place, dans les rues du Vieux Lille, au centre commercial V2, partout! Et chaque fois que je le vois, je dois résister à l'achat de ses pains et galettes chaudes. Mais je me suis promis, au moins une fois (ce sera plus d'une fois), il faut absolument que j'achète chez Paul. Message à Tatiana : c'est moi que Paul aime le plus!

Pour info, le weekend prochain, nous pensons aller nous promener en Belgique. Je publierai les photos, ne vous en faites pas! D'ici là, bonne semaine!

En photos
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(1) Lille la nuit!
(2) Moi qui ESSAIE de danser la salsa.
(3) La Chicorée, un café très fréquenté de Lille.
(4) La chocolaterie Le chat bleu. Miam!
(5) Le Furet du Nord, la plus grande librairie d'Europe!
(6) Paul, cette boulangerie-pâtisserie que j'aime tant! (et pourtant je n'ai encore goûté à rien. Simplement l'odeur...)

Un merci spécial à...

Au propriétaire du Chat bleu, qui a été très agréable avec nous! J'invite tout le monde à visiter sa boutique si jamais vous mettez les pieds à Lille!
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