Peut-on mesurer l'amour? Autrement dit, peut-on attribuer une mesure quantitative à quelque chose que l'homme ne définit même pas clairement? Quelque chose qui possède mille définitions?
Je ne crois pas me tromper si je dis que l'amour ne signifie pas la même chose pour chacun d'entre nous. Pour l'un, « être bien avec l'autre » est aimer. « Construire avec », « le voir dans sa soupe», « avoir envie de », « regarder ensemble », « estimer », « respecter»... peut l'être pour un autre. Alors s'il existe un moyen de le mesurer, il ne peut qu'être propre à chaque personne humaine.
Pour ma part, je ne possède aucun thermomètre, baromètre ou autre instrument finissant par mètre pour prendre cette mesure. Mais j'ai au moins réalisé une chose, dans les dernières semaines, sur ma vision du sentiment d'amour. J'ai pris conscience de ce que c'était, pour moi, aimer, de ce qui peut faire que j'aie envie de dire « je t'aime» parfois, ou non : la notion de sacrifice.
Si je suis bien avec quelqu'un, et que de le voir m'apporte beaucoup de bonheur, soit. Mais je ne saurai toujours pas si je suis amoureux ou non. Je franchis la ligne au moment où mon affection est assez grande pour me pousser à faire des sacrifices. Voilà ce que j'ai découvert sur moi. Accepter certains des défauts de l'autre, ses façons de faire et de penser qui ne font pas de sens pour moi, nos différences, nos querelles... et ce de bon cœur, sans sentir que je me trahis moi-même. Si pour continuer à être bien avec quelqu'un je suis prêt à l'accepter dans tous ses travers, à jongler avec ça et respirer par le nez quand un désaccord survient, alors je peux dire « je l'aime ». Parce que je ne le ferais pas pour n'importe qui.
Parallèlement, on pourrait aussi dire que pour moi, aimer quelqu'un, c'est me projeter dans l'avenir avec lui. Parce que lorsque l'on se sacrifie pour quelqu'un, c'est que l'on se projette vers l'avant : on se dit que si l'on veut faire notre vie avec lui, il faut être capable d'accepter certaines choses, dès le départ. Et on agit en conséquence, le sourire aux lèvres. Reste à doser, pour éviter de tomber dans l'abandon de ce qui fait de nous ce que nous sommes. Et espérer une certaine forme de réciprocité. Parce qu'autrement, les sacrifices peuvent devenir lourds à porter seul.
Voila donc ce qui à mes yeux tout neuf me semblent être un signe d'amour. Pas une mesure. Mais un signe.