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mercredi 24 juin 2009 24 juin, rêvez!
 Bonne fête du
QUÉBEC!
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lundi 22 juin 2009 Slumdog Millionnaire
 
Film à voir sans faute! Merci Blue ;-).
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lundi 15 juin 2009 Je jette mes ongles par la fenêtre - Admirable tapisserie
Livre québécois
Auteure
: Natalie Jean
Note : 8/10
Éditeur : L'instant même
Parution : 2008
Nombre de pages : 158 pages

Présentation de l'auteur

Natalie Jean est issue du milieu des arts visuels. Elle a passé son enfance à L'Islet et son adolescence à Québec. Elle s'installe ensuite à Montréal où elle pratique la danse et le graphisme. Elle voyage quelques années et revient à Québec en 1998. Je jette mes ongles par la fenêtre est sa première publication.

Commentaire

« Je joue pour ma princesse des histoires de filiation entre de petites truites de rivières […] je joue une première bicyclette qui est vraiment la mienne […] de ma main gauche, j'amorce une marée de fleuve Saint-Laurent qui brasse ses galets roses et gris par nuit de pleine lune. En contrepoint de ce ressac, ma main droite rebondit sur le clavier comme une petite fée éméchée.»

À l'image de son personnage pianiste, Natalie Jean écrit ses nouvelles comme on imaginerait une pièce de musique. Elle joue des histoires, fait tinter des idées, des images.  Une femme cherche une histoire à raconter, et une vie à vivre, deux ambulanciers font face à l'inacceptable et un pianiste fait tout pour voir un sourire sur le visage de sa sœur. Détails. Contraste. Son du sourire. Des priorités bouleversées et une vision qui change d'angle de vue. Point de fuite. Une dessinatrice commentatrice. Concours. Un Hummer rouge qui oblige à se souvenir. L'odeur de la poudre. Une femme trahie par sa beauté. Émile. Marguerite. Un café dans un appartement du Vieux-Québec. Café. Un caméraman charmé par les courbes d'une actrice,  une robe rouge et sexy à déchirer, le rouge d'un rouge à lèvre qui déborde. Focus. Fruit mûr. Rouge.

Tous ses personnages, ses grains, ses couleurs – le rouge en particulier, n'est-ce pas? – donnent naissance à des histoires qui n'ont l'air de rien, mais qui, chacune, cachent un questionnement, quelque chose d'individuel, d'unique. D'unique à la vie. Car toutes les nouvelles de Je jette mes ongles par la fenêtre ont une chose en commun, le réalisme. Réalisme des individus, des dialogues, des lieux. Réalisme des mots et des récits. C'est vrai, on le sent, chaque mot nous le murmure. Certains passages nous bousculent, nous bouleversent. « Il gisait là, au centre de l'enclos, sur un amas de torchons souillés, empilés en couches successives, les yeux fermés, comme endormi. On est restés figés, en apnée. L'inutile total, la merde intersidérale. […] Ça criait si fort dans ma tête.» Des phrases nous accrochent. « Je sens son cœur, mais c'est le mien.» D'autres, plus simple, nous surprenne et nous font rire. « Je suis une ostie de sainte.» Mais toujours la réalité qui nous saute en pleine face.

Les textes de Natalie Jean sont simples, pourtant, mais les fins souvent surprenantes, les cœurs attachants. On devine une certaine continuité entre les nouvelles, comme si certaines d'entre elles avaient emprunté les fils de d'autres. Ou les personnages. Cela donne un ensemble qui se lit bien, sans qu'il n'y ait vraiment de vide, une nouvelle moins inspirante, comme c'est souvent le cas dans les recueils. Une tapisserie, finalement, très bien ficelée, aux motifs élémentaires mais admirables.

Quatrième de couverture

Ils ont en commun d'être jeunes et de ne jamais se trouver très loin d'une scène, d'une table à dessin, d'un clavier ou d'une caméra. Ils lisent, ils roulent à vélo, ils aiment, ils n'aiment pas, ils font la plonge dans un café et sont conscients que leur quartier, leur vie forment une partie d'un grand tout, bien plus vaste qu'eux et dont il faudra bien un jour songer à prendre soin.

Une constante vivacité traverse le premier livre de Natalie Jean. Le propos, il est vrai, l'exigeait : tout ici se livre sur le mode de l'ouverture. Comment ne pas être entraîné dans le sillage d'un personnage qui dit : « La ville est pleine d'odeurs, de couleurs, de gens, ma ville est pleine d'histoires » ? Une fois Je jette mes ongles par la fenêtre refermé, on ne sera pas surpris de retrouver ces histoires au coin de la rue, à deux pas de chez soi, à deux pas d'une idée de bonheur.

Citations et extraits

« Il gisait là, au centre de l'enclos, sur un amas de torchons souillés, empilés en couches successives, les yeux fermés, comme endormi. On est restés figés, en apnée. L'inutile total, la merde intersidérale. […] Ça criait si fort dans ma tête.»

« Je sens son cœur, mais c'est le mien.»

« Je me rends compte que le plus gros malheur qui puisse m'arriver un jour, c'est que je m'habitue à la vie, que j'y goûte comme un plat inlassablement réchauffé qu'on allonge avec de l'eau et dont le goût devient salé, amer, ou pire encore : fade.»

« L'eau rencontre le feu et la mer se met à bouillir, le monde redevient un tout et nous sommes en plein centre.»

« Je joue pour ma princesse des histoires de filiation entre de petites truites de rivières […] je joue une première bicyclette qui est vraiment la mienne […] de ma main gauche, j'amorce une marée de fleuve Saint-Laurent qui brasse ses galets roses et gris par nuit de pleine lune. En contrepoint de ce ressac, ma main droite rebondit sur le clavier comme une petite fée éméchée. […] La dernière note résonne dans l'espace devenu bizarrement silencieux. Tout le monde applaudit.»

« Je suis une ostie de sainte.»

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Cette critique est aussi publiée sur La Recrue du mois, blogue qui, tous les 15 du mois, fait découvrir le premier roman d'un auteur québécois! Allez y lire les autres critiques de ce livre!

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samedi 13 juin 2009 Joindre les deux bouts
J'en ai appris une bonne cette semaine, en écoutant une émission très intéressante sur Catherine de Médicis à TV5. Vous connaissez sûrement la formule "avoir du mal à joindre les deux bouts"? Et bien il semble que l'origine de cette expression remonte au XVIe siècle.

À cette épôque, la mode des nobles était aux fraises... l'accessoire vestimentaire que vous voyez à votre gauche, pas le fruit! Or il arrivait à ces gentes dames et gentils hommes, comme à notre époque, d'avoir quelques soucis financiers, ce qui ne les poussait néanmoins pas à se départir de leurs fraises, signes de noblesse et de richesse. Ils vivaient donc au dessus de leurs moyens, continuant à assister aux festins, avec leur fraise démesurée. Mais, à table, n'imaginez pas que ce col énorme était retiré... non non non! Et ho! Cela posait pourtant problème car... celle-ci était parfois si grande qu'ils avaient du mal à "joindre les deux bouts" de la serviette qu'ils devaient alors mettre autour du cou!

Intéressant non?
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