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vendredi 22 août 2008 Une garde personnelle pour la fourchette réutilisable
Mercredi midi, au Cégep, je me dirige vers la cafétéria avec un peu d'espoir. L'espoir qu'ils aient tenu leur promesse, celle de troquer cette année les assiettes et les ustensiles en plastique pour leur version réutilisable, plus écologique. En entrant, je tente d'en savoir plus en regardant dans les cabarets qui passent et en espionnant les autres étudiants. Mais un sac me cache la vue, les cabarets passent trop vite. Je ne vois rien.

Alors je me faufile jusqu'aux comptoirs de la cafétéria. J'y vois une affiche sur laquelle on peut lire "Vaisselle réutilisable consignée 1$"... puis des fourchettes, des couteaux, des cuillère en métal! De vraies assiettes et de vrais bols, sans oublier les verres en plastique réutilisable! Je suis fou de joie : plus besoin d'amener ma propre assiette réutilisable! (ce qui franchement est très compliqué)

On me demande 1$ qu'ils me redonneront lorsque je reviendrai porter l'assiette. Parfait, aucun problème, si c'est juste cela que ça prend! Je sors de la cafétéria, super joyeux, je m'en vais manger avec des amis dans mon pavillon, avec de la vaisselle verte! (vous comprendrez que je ne parle pas ici de la couleur, mais du concept)

Mais c'est là que la belle histoire d'amour entre moi et ma vaisselle prend fin. Quelqu'un, qui courait derrière moi (je ne savais pas pourquoi d'ailleurs) me crie que je ne peux pas sortir de la cafétéria avec les nouvelles assiettes... je le regarde, étonné.

- J'ai payé le 1$.

Ce n'est pas grave, il faut tout de même rester dans la cafétéria.

- Euh... mais je vais la rapporter là.

Peu importe. Je dois retourner sur mes pas, et manger seul. Exigence de la Garde Royale personnelle de la fourchette réutilisable.

Alors bien que je sois très heureux que nous puissions enfin manger dans de la vaisselle propre (mauvais jeu de mots), je trouve ridicule d'être enfermé dans la cafétéria pour manger, à l'intérieur, alors qu'il fait beau pour l'une des rares fois de l'été, et que mes amis sont dans un autre pavillon. Je comprends, bien sûr, que la compagnie qui gère la cafétéria ait peur de se faire voler cette nouvelle vaisselle. Mais tout de même, il me semble que d'autres solutions seraient envisageables. Surtout en considérant qu'à l'Université de Sherbrooke, le même système existe, mais sans les Gardiens du bol de soupe en céramique.

J'ai suggéré un dépôt de 5$ au lieu de 1$, avec un billet de couleur différente que celui pour le dépôt de 1$, et qui nous permettrait de sortir avec notre plateau. Caroline, une amie qui est, avec le comité écologique du Cégep, l'une des principales responsables de l'aboutissement de ce projet, m'a promis d'en parler aux concernés. Reste à voir ce que ça donnera.

D'ici là, je continuerai d'avoir l'air "zouf" avec ma propre assiette fleurie que je dois laver dans les lavabos des toilettes et surtout, surtout, ne pas échapper dans les escaliers. Au moins, j'aurai plus de liberté.
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vendredi 15 août 2008 Compter jusqu'à cent
Livre québécois
Auteure
: Mélanie Gélinas
Note : 8.5/10
Parution : 2008
Nombre de pages : 335 pages

Commentaire 

«La veille, c'était encore l'amnésie. Anaïs vivait en parfait silence avec le passé avant que cette spectaculaire image d'effondrement ne vienne gratter à la porte, comme un chien abandonné, sur le seuil de l'oubli.» Ce jour là, Anaïs s'effondre sous le souvenir d'un ancien attentat. La neige de ce soir d'hiver se remet à tomber, à voiler l'univers qu'elle s'est créée pour survivre. Alors commence l'histoire qu'elle nous raconte, à nous le Lecteur témoin, celle de la déchirure et de la plaie causées par un Bourreau qu'elle ne reverra plus jamais. Le récit d'un viol impossible à révéler sans crier, d'une quête vers un pardon qui ne peut être accordé. Vers un désir trop difficile à atteindre. Un besoin d'écriture de ce qui ne peut l'être et une intouchable relation d'amour avec un New Yorkais. Le Bourreau lui a dit « Compte jusqu'à cent ». Tout en abandonnant parfois sa voix pour écouter celle qui lui dit comment survivre de l'intérieur et lui fait noircir ses calepins, Anaïs cherchera à vaincre et à briser le silence, pour enfin pouvoir cesser de compter jusqu'à cent.

Comme prélude, Mélanie Gélinas écrit : « Voilà pourquoi nous, romanciers, devons nous appliquer à faire de la fiction; pour révéler la vérité à ceux que nous ne connaissons pas et la cacher aux autres, qui pourraient se reconnaître. » Lorsque j'ai lu cette phrase, le mot « romanciers » m'a tout de suite sauté au visage : l'auteure se déclarait romancière dès son premier livre. Une telle confiance m'a plu et j'avais hâte de voir si elle relèverait le défi. J'ai été très heureux de constater que, non seulement elle relevait le défi, mais qu'elle dépassait de loin mes attentes par rapport à son œuvre! Compter jusqu'à cent est un roman ficelé avec brio. Bien qu'au début le chaos provoqué par l'absence de tout repère - et par des chapitres sans liens apparents les uns avec les autres - puisse faire peur, on comprend rapidement que ces cassures et ce désordre sont nécessaires. En effet, il ne pouvait y avoir de meilleure façon de décrire l'état du personnage qui, après 10 ans, se rappelle cette soirée d'hiver où elle fut violée. Le rythme très rapide - parfois quelques lignes seulement pour un chapitre - créé également une ambiance qui permet au lecteur de sentir toute la panique et le désarroi d'Anaïs, cette femme qui compte jusqu'à cent - cent chapitres - pour survivre.

De pages en pages, on comprend que rien n'est laissé au hasard dans les écrits de Mélanie Gélinas. Celle-ci maîtrise telle une alchimiste la formule qu'elle a composée pour réussir à « écrire l'impossible ». Des concepts psychologiques très profond, comme le parallèle qu'elle fait entre l'abandon de sa mère et l'abandon de son violeur ou encore la double-personnalité du personnage principal - cette Anaïs qui n'est pas vraiment elle - en font une œuvre très complexe, mais surtout très riche et très captivante. Néanmoins, avis à ceux qui aiment que tout finisse bien, sachez que ce n'est pas le cas ici. Compter jusqu'à cent n'est pas un roman qui fait du bien, mais un roman qui fonce à cent à l'heure vers son lecteur.

Petit aparté, le récit de Mélanie Gélinas se termine sur une postface dans laquelle l'auteure explique sa démarche et nous éclaire sur la mince ligne qui existe entre la vie du personnage Anaïs et elle-même. Je crois que, bien que cela n'était pas essentiel, c'est un bonus fort intéressant, car il nous donne la vision de la créatrice sur sa création, vision qui n'est pas nécessairement toujours celle du lecteur.

Une chose est sûr, Compter jusqu'à cent, ce n'est pas «l'histoire d'un chien qui meurt à la fin». C'est plutôt l'histoire d'une lutte pour un pardon impossible, une histoire de courage. Un récit que l'on voudrait pure fiction, mais dont chaque mot nous ramène avec force à la réalité.

Quatrième de couverture

«Le matin du 11 septembre 2001, Anaïs ressent l'onde de choc des tours jumelles qui s'effondrent jusque dans ses chairs. L'ampleur de la catastrophe se fait l'écho d'un crime oublié, survenu dix ans auparavant. Resurgit alors une décennie passée sous le signe de la survivance et quantité de questions qui n'en sont en fait qu'une seule : que vaut la reconstruction d'une vie sans envisager le pardon?

Dans l'ébranlement sans mesure dans lequel les attentats la plongent, Anaïs se rappelle donc les vieux écueils de son enfance, et aussi la cicatrice d'un terrible secret. Il n'y avait que le pire pour faire renaître son corps de ses cendres... »

Citations

" - Excuse me, but there's a bug in your bag..
- What?
- There is a bug in your bag!"

" Pour la première fois depuis dix ans, un grand papillon avait battu des ailes dans son ventre."

" Entrer dans ce vestibule, c'était comme entrer en hiver, l'été sous le bras."

" L'écriture, comme une perle d'ivoire suspendue au fil du destin, se préparait à céder."

"La difficulté d'écrire la vérité est aussi lourde à porter qu'un bijou ancestral."

"Et j'ai vu demain comme un écran vide, comme une page blanche, comme un parterre maculé d'un néant aussi sombre qu'un papier noirci de rien."

"La mort est la seule épreuve qui guérit toutes les autres."

"C'était comme si «je» en elle n'existait plus; Anaïs reposait dans son enveloppe corporelle comme dans un cercueil."

"Le corps est une écritoire poreuse. Il retient toutes les histoires que l'on a pu y inscrire."

"Mon bourreau est toujours dans l'angle mort quand je jette un œil à gauche le soir. Il fait de l'ombre le jour à tous les hommes et à toutes les femmes que je rencontre. Il pèse sur tous les enfants qui me touchent."

"Dans un équilibre vacillant, sur la nouvelle neige d'une page blanche."

"L'écriture, ce n'est pas de la peinture à numéro."

"Écrire, c'est cherché le livre en soi."
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Cette critique est aussi publiée sur La Recrue du mois, blogue qui, tous les 15 du mois, fait découvrir le premier roman d'un auteur québécois! Allez y lire les autres critiques de ce livre!

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lundi 11 août 2008 Jeux Olympiques de Pékin - Qu'en penser?

Ce soir, je vais vous parler des JO de Pékin. Ceux qui me connaissent seront peut-être surpris, car je suis loin de m'intéresser aux sports, qu'il s'agisse d'en faire ou d'en regarder à la télévision (ce que j'exècre peut-être encore plus que d'en faire). Mais c'est comme la fièvre, les Jeux Olympiques, vous savez? Dès que quelques personnes autour de vous l'ont attrapé, il est pratiquement sûr que vous l'aurez aussi! En fait, c'est surtout que les JO sont plus que des compétitions sportives. Je m'y intéresse davantage pour l'aspect "rencontre des nations à travers le monde". Sans guerre, pour une fois.

Ce que je veux en dire, c'est que je ne sais pas qu'en penser.

D'un côté, j'ai toujours adoré la culture asiatique. Peut-être est-ce que je m'accroche à un ancien rêve, à la culture d'une ancienne chine impériale, mais j'ai toujours imaginé la culture chinoise comme étant plus paisible que la nôtre, plus près de la nature et des vraies valeurs. Leur façon de maîtriser l'art de la beauté, du silence, des couleurs... j'ai envie de sauter dans un avion sur le champ! Et leur cérémonie d'ouverture, quel chef d'oeuvre d'imagination haut en couleurs!

Mais d'un autre côté, je sais que la Chine est loin d'être un pays respectueux des droits de l'homme. Je sais qu'on y enferme ou tue ceux qui osent penser autrement que les dirigeants, qu'on y contrôle tout, la télévision, internet, les journaux. Jusqu'à faire croire aux Chinois que cette fumée blanche au dessus de leur ville, c'est du brouillard, pas du smog. Je parle rarement de la Chine en bien. Comme si je distinguais la Chine et son peuple, le gouvernement chinois des Chinois. Pour moi, il y a contradiction flagrante entre les actions du gouvernement et la vision que j'ai du peuple chinois. Et c'est justement ça qui fait en sorte que je me pose des questions. Que penser des Jeux Olympiques de Beijing?

Certains me diraient qu'il faut laisser la politique en dehors des JO, car c'est le sport qui importe, l'esprit sportif. Mais je ne pense pas que ce soit une bonne façon de voir les choses. Rien n'a jamais qu'une seule face. Il faut considérer tous les aspects d'une réalité pour y voir clair. Si je m'étais arrêté au fait que les JO sont des épreuves sportives, je n'en parlerais pas, je ne m'y intéresserais pas. Mais j'ai regardé au delà.

Même si le peuple chinois méritait peut-être les JO, je pense que nous n'aurions jamais dû les donner à la Chine. C'était une erreur, parce que cela allait à l'encontre des valeurs prônées par les JO. On ne donne pas les JO à des pays qui ne respectent pas les droits de l'homme, point final. Mais maintenant que l'erreur est faite, devrions-nous boycotter les JO de Pékin?

Maintenant, qu'en penser?

Vous, qu'en pensez-vous?

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