« Nous nous
   fabriquons une vie
minuscule à l’intérieur
 de l’autre, comme si le
  reste n’existait pas. » [Danielle Trussart]
Un album souvenir d'opinions et de passions, voici comment on pourrait définir ce blogue. Pour le plaisir de m'exprimer en toute liberté, j'écris sur ce qui me tient à cœur, sur mes passions, car tel est le fil conducteur de ma vie - vivre pour, de et avec mes passions. Littérature, actualité, science, réflexion et découverte du monde, voilà seulement quelques sujets que vous retrouverez dans ce refuge qui est le mien. Les verbes discuter, bavarder et argumenter sont aussi de mise : laissez-vous tenter, exprimez-vous, car ici c'est moi, mais c'est aussi vous!
Arts et culture mardi 02 février 2010 Dégrafons-nous la rate avec 3600 secondes d’extase
 
... et ses parodies des publicités de RÉER de Desjardins!
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Arts et culture mercredi 27 janvier 2010 Big Fish
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Lecture vendredi 15 janvier 2010 Les murs - Vouloir s’oublier jusqu’à en disparaître
Littérature québécoise
Auteure Olivia Tapiero
Éditeur VLB Éditeur
Parution 2009
Nombre de pages 152
Note 7.5 / 10
Cette critique est aussi publiée sur La Recrue du mois, blogue qui, tous les 15 du mois, fait découvrir le premier roman d'un auteur québécois! Allez y lire les autres critiques de ce livre!








Présentation de l'auteure

Née en 1990 à Montréal où elle étudie la littérature, Olivia Tapiero a remporté le prix Robert-Cliche du premier roman avec Les murs, qui relate les quelques mois d'hospitalisation d'une jeune fille.

Commentaire

«Faisant rouler mon soluté à mes côtés, je me dirige lentement vers les toilettes, y pénètre, barre la porte derrière moi, il ne faut pas qu'on me dérange, je m'apprête à me voir.» Elle s'est réveillée dans un hôpital, sous le regard triste et grave de sa mère. «Je n'aurais pas dû me réveiller, ça ne fait pas de sens.» Car elle les a bien pris ses somnifères, douze groupes de dix capsules, cela aurait dû la tuer. Elle voulait mourir, détruire ce qui la ronge de l'intérieur, le Monstre tapi en elle. Pourquoi ne comprennent-ils pas? Pourquoi lui avoir redonné vie alors qu'elle veut disparaître, totalement, plus aucune chair, plus aucune peau, même pas les os!

Rapidement transférée en un lieu pour les « Cas comme elle», celle qui a tenté de se suicider s'efforce de ne surtout rien ressentir - ne pas pleurer, rire, sourire, s'emporter, rester neutre, le plus vide possible de toute humanité - pour ne pas s'attacher à la vie. Faire venir la mort, plutôt, faire disparaître son corps, se détériorer, pour amener le monstre avec elle dans sa tombe. Elle compte toujours y arriver, ce n'est qu'une question de temps. Bientôt, elle sortira de l'aile intensive et en finira enfin. La Paix.

Tout de suite, dès les premières pages, la voix très directe du personnage principal a fait son effet sur moi. La boule à la gorge, j'ai instinctivement pensé à mes proches, à ceux que je connais qui ont voulu mettre fin à leurs jours. L'auteure, Olivia Tapiero, possède sans aucun doute le don d'aller chercher ses lecteurs au plus profond d'eux-mêmes. Je voulais à la fois fermer son livre et continuer ma lecture, pour en savoir plus, comprendre mieux. J'ai vu surgir le thème de l'anorexie et j'ai deviné l'importance qu'aurait le sujet au long du roman, la force avec laquelle l'auteure le décrirait et l'intègrerait. J'étais très enthousiaste quant à la suite quand j'ai reposé le livre sur ma table de chevet la première fois.

Malheureusement, cet état dans lequel Les murs m'avait plongé lors de ma première lecture ne s'est jamais reproduit par la suite. Plus l'histoire avançait, plus j'avais du mal à me concentrer correctement sur le texte. En fait, j'avais un peu l'impression de tourner en rond en lisant les pensées de la narratrice. Bien sûr, quelques moments très forts parmi ces longueurs, certains très touchants, mais en général, bien peu à se mettre sous la dent outre l'envie de ne plus exister sans cesse répétée de l'héroïne. Je n'ai plus réussi à accrocher, jusqu'à cette fin abrupte un peu surprenante... si précipitée! Ne pas lire un mot sur le Monstre, cette entité intérieure qui pousse la protagoniste à vouloir mourir, point pourtant primordial du roman, m'a un peu déçu. Je me serais attendu à savoir où elle en était avec ce démon intérieur avant de clore. Je n'ai rien contre les fins qui laissent place à l'imagination, mais ici j'ai senti qu'on oubliait quelque chose, qu'on concluait pour conclure.

Bref, j'aurais davantage vu Les murs en tant que nouvelle plutôt qu'en tant que roman. Cela n'enlève toutefois rien à la qualité de l'écriture de l'auteure, qui m'a permis de tenir jusqu'au bout. Malgré certains dialogues qui ne me semblaient pas crédibles, la maitrise de la langue dont fait preuve Olivia Tapiero lui permettra très certainement de ne pas s'arrêter à cette première publication. Car, même si je n'ai pu apprécier l'ensemble de son œuvre, elle a tout de même réussi à exposer le thème de l'anorexie d'une façon très efficace, l'imposant à ses lecteurs comme une réalité. Et pour être parvenu à cet exploit de puissance des images et des mots, de clarté, on ne peut que la féliciter.

Quatrième de couverture

- Dr G m'a déjà parlé de toi, mais j'aimerais entendre ton point de vue sur les choses.
- Mon point de vue sur quoi ?
- Sur la situation... Pourquoi penses-tu que tu es ici ?
- J'ai essayé de me suicider en faisant une overdose de somnifères.
- Et est-ce que tu veux t'en sortir ?
- Non merci, ça ira.

Citations et extraits

«En me remplissant d'elles, je me vomissais moi-même, je vomissais mon existence.»

«Franchement. Franchement, tu crois que j'y pense, aux couleurs?»

«[...] elle m'a demandé où était ma tumeur, je lui ai répondu " je meurs partout " [...]»

«[...] le milieu c'est les couleurs, ça exige qu'on s'attarde dessus, trop compliqué, ça prend trop de temps, le noir et le blanc c'est tout ce qu'il me faut, je n'ai pas le temps pour le reste [...]»

«[...] comme dans les films, ça explose, ça pleure, et ensuite il fait beau dehors et tout va profondément bien [...]»

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Lecture mercredi 13 janvier 2010 L'Unique parle de La Recrue du Mois
L'Unique, le bulletin de l'union des écrivaines et des écrivains québécois, parle de La Recrue du Mois dans son dernier numéro!
 
Le site de l'UNEQ : www.uneq.qc.ca
 
Pour voir la version PDF du journal c'est ici (voir page 9)!
 
Bonne lecture!
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Réfléxion mardi 05 janvier 2010 Encore et toujours la passion
 
 
 
   « Celui qui se perd dans sa
           passion est moins perdu que celui
                  qui perd sa passion. »
                                                                            [Saint-Augustin]
 
 
 
Merci Blue! :-)
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Réfléxion lundi 04 janvier 2010 There she is
 
Une série de cinq vidéos franchement bien faits qui portent à réfléchir. Celui que je vous présente est le quatrième, qui à mon sens passe le mieux le message, mais je vous conseille tout de même vivement d'aller voir les autres et de les écouter en ordre ici.
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Réfléxion jeudi 31 décembre 2009 Be original
 
You have two choices in life;
You can dissolve into the mainstream, or you can be distinct.
To be distinct, you must be different.
To be different, you must strive to be
What no one else but you can be.
 
 
Il y a deux choix dans la vie;
Se dissoudre dans le courant dominant, ou être distinct.
Pour être distinct, il faut être différent.
Pour être différent, il faut s'efforcer d'être
Ce que personne d'autre sauf nous-même a le pouvoir d'être.
 
[Alan Ashley-Pitt]
 
Merci Hugues. :-)
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Arts et culture jeudi 31 décembre 2009 The Sound of Music
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Vous et moi jeudi 24 décembre 2009 Joyeux Naël!
 
Je vous souhaite à tous et à toutes un merveilleux temps des fêtes avec ceux que vous aimez. :-)
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Europe 2009 mardi 22 décembre 2009 Canción del peregrino – L’hymne du pèlerin
L'hymne du pèlerin, normalement chanté en espagnol, mais ici traduite en français pour vous. Il ne s'agit pas d'une chanson officielle, seulement d'un hymne inventé par deux pèlerins lors de notre pèlerinage. Je me demande, même si j'en doute, si elle a survécu et si on la chante toujours...
 
Aussi, plus bas, un extrait - à notre arrivée à Compostelle - pour vous donner une idée! C'est sur l'air de La Bamba.
 
Para ser peregrino
Para ser peregrino
Se necesita unos buenos zapatos
Unos buenos zapatos y andar y andar
Hasta el fin del camino
Hasta el fin del camino
Por sendas y desvíos
Hasta el fin del camino
Caminaré, caminaré, caminaré

Coro
Peregrinos (x4)

Los pies me están matando
Los pies me están matando
Y tengo una ampolla
Que me voy curando
Que me voy curando con betadine
Y que me va de cine el alcohol de romero
Y el ibuprofeno
Y el ibuprofeno
Me curaré, me curaré, me curaré

(Coro)

Si no das donativo
Si no das donativo
Tendrás que dormir debajo de un pino
Debajo de un pino
Tendrás que pagar el menú peregrino
El menú peregrino
Va ya sablazo para el bolsillo
Para el bolsillo
Yo donaré, yo donaré, yo donaré

(Coro)

A las diez de la noche
A las diez de la noche
Se apagan las luces y sufren mis oídos
Sufren mis oídos
Y ni los tapones paran los sonidos
Son los ronquidos de los peregrinos
Cansaos del camino
Cansaos del camino
No dormiré, no dormiré, no dormiré

(Coro)

Llegando a Compostella
Llegando a Compostella
Recordaras todo lo que has vivido
Todo lo que has vivido
Junto con otros muchos peregrinos
¡Buen camino, buen camino, buen camino!

Pour être pèlerin
Pour être pèlerin
Il faut de bons souliers
Il faut de bons souliers et marcher et marcher
Jusqu'à la fin du chemin
Jusqu'à la fin du chemin
Par les sentiers et détours
Jusqu'à la fin du chemin
Je marcherai, je marcherai, je marcherai

Refrain
Pèlerins (x4)

Mes pieds sont en train de me tuer
Mes pieds sont en train de me tuer
Et j'ai une ampoule
Que je suis en train de soigner
Que je suis en train de soigner avec du betadine
Et qui me va de ciné, l'alcool de romero
Et l'ibuprofène
Et l'ibuprofène
Je me soignerai, je me soignerai, je me soignerai

(Refrain)

Si tu ne donnes pas de donativo
Si tu ne donnes pas de donativo
Tu devras dormir sous un pin
Sous un pin
Tu devras payer le menu du pèlerin
Le menu du pèlerin
Te donne un gros coup dans le portefeuille
Dans le portefeuille
Je donnerai, je donnerai, je donnerai

(Refrain)

À dix heures de la nuit
À dix heures de la nuit
Les lumières se ferment et mes oreilles souffrent
Mes oreilles souffrent
Et pas même les bouchons n'arrêtent les sons
Ce sont les ronflements des pèlerins
Fatigués du chemin
Fatigués du chemin
Je ne dormirai pas, je ne dormirai pas, je ne dormirai pas

(Refrain)

En arrivant à Compostelle
En arrivant à Compostelle
Tu te souviens de tout ce que tu as vécu
De tout ce que tu as vécu
Avec beaucoup d'autres pèlerins
Bon chemin, bon chemin, bon chemin!

 
Un aperçu
 
 
À noter, je ne garantis pas l'impécabilité de l'espagnol, ni de la traduction française! Aussi, c'est une des versions de la chanson, je sais qu'il peut exister des variantes!
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Europe 2009 dimanche 20 décembre 2009 Compostelle, jusqu’au bout du monde : troisième partie
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Vers Santiago en Galice, l'atteinte du but

À partir de Léon, nous nous approchions lentement de la Galice, mais, surtout, nous sortions de la Mesa. Le jaune n'était plus infini, doucement il se faisait envahir par les autres couleurs. Nous retrouvions notre cher vert, vert végétaux, vert montagnard, vert sentiers forestiers. Puis le bleu rivière, le violet floral... même le gris brouillard nous l'accueillions avec une immense joie. Difficile en fait d'exprimer ces retrouvailles avec les paysages plus colorés, un mélange de pétillement, d'effervescence et de motivation renouvelée. Disons seulement qu'après plusieurs jours en teintes jaunâtres, ces toiles vivantes étaient plus que bienvenues. Et nous savions que nous entamions la dernière partie de notre pèlerinage vers Santiago, ce qui ne pouvait que participer à l'euphorie du moment.

En marchant vers la Galice, nous savions aussi que les risques de pluies abondantes augmentaient en flèche. Si la Meseta est un territoire sec et aride, la Galice est son contraire : végétation luxuriante, rigoles, montagnes et forêts. C'était le prix à payer pour récupérer les couleurs et les panoramas à couper le souffle. Nous étions conscient de tout cela, mais - peut-être vraiment cette étoile reçue à Carrión de los Condes nous protégeait-elle sur notre chemin - jamais nous ne recevrions une seule goutte de pluie sur la tête. Nous en sommes en fait venus à croire qu'il s'agissait d'une légende, et que jamais il ne pleuvait sur le chemin. Parce que ni l'un ni l'autre n'avions vu de pluie lors de nos deux pérégrinations.

À Hospital de Orbigo, l'intérieur se joignait à la beauté de l'extérieur. Dominique tenait particulièrement à s'y arrêter, pour que nous logions dans une petite auberge dont elle avait souvenir. Elle me fit donc entrer dans ce refuge magnifique, et je compris rapidement son désir d'y poser à nouveau son sac. Une cour intérieure présentant ses façades de chaux et de bois peint en bleu et une muraille magnifique exposant un pèlerin en pleine ascension donnait accès aux diverses salles communes et chambres. Un puit trônait au centre de cette cour, et on pouvait y trouver des fleurs et des fruits à partager entre pèlerins. Pour plus de soleil encore, nous pouvions nous rendre à la cour extérieure, assez vaste pour que des dizaines de pèlerins s'y étendent. C'était tout simplement magnifique.

À Astorga, alors que nous étions impatients de voir arriver Michèle, Patrick, Maurice et Carmen - nous leur avions laissé un mot sur un énorme carton sur le chemin, et nous avions hâte de voir s'ils l'avaient trouvé! - nous apprenions une très mauvaise nouvelle. Carmen n'était pas avec eux, car elle avait reçu un appel concernant son père qui l'avait obligé à renoncer au chemin pour retourner chez elle. Elle qui était partie de si loin, beaucoup plus loin que nous tous, avait du quitter à quelques jours seulement du but. Nous étions atterrés, tous les cinq, mais Maurice plus particulièrement, car il l'avait rencontrée en France et marchait avec elle depuis. Le chemin serait différent sans elle, mais nous décidions de continuer en son nom.

Après s'être arrêtés à Rabanal del Camino à l'Albergue El Pilar, nous traversions la noirceur puis la brume matinale pour tomber sur la Cruz de ferro, la croix de fer mythique du chemin. Selon la coutume, le pèlerin s'y arrête pour y laisser des pierres - ou tout autre objet symbolique qu'il porte sur son dos depuis le début de son pèlerinage - qui représente ses soucis et ses problèmes. En les laissant là, il recommence à neuf sa vie et laisse ses tourments derrière lui. La présence de cette croix ce jour là tombait bien, car j'étais dans un drôle d'humeur, me détestant pour des raisons qu'il serait trop long d'expliquer ici. Mais de la voir devant moi m'apaisait et me redonnait un peu de bon sens et d'espoir. Moi et Dominique nous étions préparé chacun quelque chose à y laisser, suivant la tradition. Comme je ne me sentais pas capable de me débarrasser d'un objet symbolique, j'avais écrit une lettre que je laissais entre deux pierres. Cette lettre parlait de ma quête, mais surtout me souhaitait courage et réponses. Dominique, elle, clouait la sienne sur la croix. Non sans un dernier regard à ce qui marquait une étape importante de notre camino, nous redescendions de la petite butte de cailloux et poursuivions notre chemin.

Vint la ronde des soupers communs. À Molinaseca, nous déposions nos sacs à l'auberge paroissiale où nous étions accueillis par un drôle de bonhomme qui ne nous fit payer que pour une seule personne, car, disait-il, il aimait bien les Québécois. Comme cet hôte avait quitté son poste dès lors que nous nous étions installés, nous nous retrouvions à convaincre les pèlerins passants devant l'auberge de s'y arrêter, tout le monde croyant que c'était fermé. À la fin de la journée, nous étions toujours très peu, et nous convenions tous de se préparer un bon souper à déguster ensemble. À la table, la Russie (Vicka) qui nous préparait de fabuleuses « Blim Chickies » - l'équivalent russe des crêpes -, la Hongrie (Sylard), l'Italie (Élisa), quatre cyclistes espagnols (Pablo, Guillermo, Carlos et Tony), deux Belges et leur bébé de dix mois - une histoire merveilleuse que la leur - , un Suédois (Pear) et le Québec, bien entendu. Comme tout le monde fêtait ensemble, chantant chacun à tour de rôle son hymne nationale, l'hôte nous offrit de fermer nous même l'auberge lorsque la fête serait terminée. Nous passâmes une mémorable soirée. À Vega de Valcarce, nous répétions l'expérience en préparant une pizza maison pour nous deux, Michèle, Patrick et Vicka. Nous profitions des dernières journées pour se retrouver entre amis, car tous le sentaient, cela tirait à sa fin, et personne au fond n'avait vraiment envie que cela se termine.

Le lendemain, nous montions O'Cebreiro, la deuxième plus importante dénivellation du chemin après les Pyrénées et entrions enfin en Galice. Malgré les difficultés physiques évidentes de cette journée, celle-ci aura toujours une place spéciale dans mon cœur. Suite à la vue de paysages d'une beauté et d'une grandeur inouïe, nous retrouvions avec surprise nos amis cyclistes au sommet, et, malgré le froid, déjeunions avec eux. Nous n'aurions pas dû les revoir, en tant normal, car les cyclistes sur le chemin sont beaucoup plus rapides que les randonneurs, mais les choses avaient ainsi été faites. Je me sentais touché par les dieux, au sommet de l'Olympe, et si j'avais été un peu morose les derniers jours, je regardais maintenant l'horizon avec le sourire et les yeux étincelants. Cette journée là, nous faisions plus de kilomètres que jamais - trente-quatre pour être exacte - tellement nous étions motivés et enchantés.

Rapidement, il ne restait plus que les derniers cent kilomètres à parcourir. Ces derniers efforts se déroulaient dans une ambiance tout autre que celle dans laquelle nous baignions précédemment. Les petits groupes de pèlerins s'étaient transformés en troupeau, car ces derniers kilomètres étaient fréquentés en masse par les touristes espagnols. Pour en rajouter, comme seuls les derniers cent bornes sont nécessaires pour obtenir la Compostella - le certificat du pèlerin -, s'ajoutait à cela des centaines de marcheurs - je n'oserais pas les appeler pèlerins - venu pour mettre un plus à leur curriculum vitae. L'achalandage était tel que nous devions partir encore plus tôt qu'à notre habitude pour s'assurer d'avoir une place à la prochaine auberge devant ce qu'on appelait les tourigrinos qui étaient arrivés en taxi ou en autobus et pour éviter d'avoir l'impression de faire partie d'une excursion scolaire. Heureusement, il y avait aussi sur ces dernières étapes la mascotte des auberges municipales à trois euros qui nous donnait l'opportunité de rire un peu. Semblant avoir été conçu par un enfant de quatre ans, ce bonhomme, que nous avions baptisé Jacobeo, était imprimé sur des pancartes tout au long du sentier. Chaque fois que nous le voyions, nous lui faisions dire des âneries enfantines... vraiment nous devions avoir l'air de deux fous, mais cela nous amusait beaucoup.

Finalement, les derniers jours de marche arrivèrent. Inconsciemment, nous les comptions, et le décompte à l'envers nous faisait peur. Nous finîmes quand même par atteindre Santiago. Santiago de Compostella, ou Saint-Jacques-de-Compostelle en français. J'aurais beaucoup de mal à vous décrire ce que j'ai pu ressentir lorsque j'ai franchi la frontière de la ville. Je crois que seuls ceux qui l'ont fait pourraient réellement comprendre. Une joie énorme, de se retrouver tous là ensemble, après tant d'efforts et après avoir imaginé ce moment des milliers de fois. Mais aussi une peine certaine que cela se termine. Devant la cathédrale, point final du pèlerinage, nous retrouvions nos amis, et, pour une dernière fois, entamions la chanson du pèlerin (que je publierai dans un billet à venir). J'étais ému, triste, béat, confus, désorienté... et la messe du pèlerin n'aiderait en rien, car elle signifiait vraiment la fin, apposait un sceau à notre histoire. Nous allions chercher notre Compostella au Bureau des pèlerins et profitions du reste de la journée pour nous balader dans la ville avec Patrick et Michèle. Car, certes, nous étions épuisés, comme à la fin de chaque jour de marche, mais l'adrénaline du moment nous poussait à vivre pleinement cette journée magique. Nous nous couchions tout de même tôt, car le lendemain matin, nous poursuivions notre marche. Ce n'était pas vraiment terminé, non. Un autre chemin bien spécial nous attendait...


À suivre...

En images

(1) La Cathédrale de Santiago de Compostella!
(2) On part t'y tôt, ou on part t'y pas tôt? Mais c'est merveilleux...
(3) Juste avant Vega de Valcarce, les couleurs font rêver...
(4) Au pied de la Crux de ferro.
(5) Plus que 195 km! Du moins selon cette pancarte là...
(6) Le vert commence à reprendre sa place.
(7) La cour intérieure du refuge paroissial d'Hospital de Orbigo.
(8) La Cruz de ferro, j'y étais!
(9) Souper entre amis à Vega de Valcarce. On voit en ordre Patrick, Michèle, Vicka et Dominique.
(10) La montée d'O'Cebreiro.
(11) Quelques indications pour ceux qui passent par Chibougamau pour se rendre à Rome ou autre lieu de pèlerinage.
(12) On arrive à Molinaseca.
(13) Santiago, youhou!!!!!!!!
 
En vidéo
 
Le fumero, lors de la messe des pèlerins : un énorme encensoir qui était utilisé à l'époque pour purifier les pèlerins... et cacher leurs mauvaises odeurs! Et oui, imaginez l'odeur de centaines de pèlerins du Moyen-Âge qui ne se sont pas lavés depuis des semaines! Nous avons eu la chance de le voir en action!
 
 
Voir aussi

- Compostelle, jusqu’au bout du monde : première partie
- Compostelle, jusqu’au bout du monde : deuxième partie
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Politique et société vendredi 18 décembre 2009 Harper à Copenhague
Maudit que des fois je suis écoeuré d'être Canadien... comme présentement. Non mais c'est ridicule, alors que les États-Unis, qui ont toujours été loin de se préoccuper des changements climatiques, proposent des milliards et participent activement aux négociations à la Conférence de Copenhague, nos représentants essaient de tout bloquer. Comble de l'ironie, M. Harper ne se donne même pas la peine de prendre la parole aux plénières, préférant participer aux banquets de Madame Chose. Si ça ne prouve pas qu'il s'en fout éperdument de l'environnement... il n'a clairement pas l'intention d'agir.
 
Ça suffit.
 
Signez la pétition HARPER: TROP C'EST TROP proposée par Équiterre.
 
C'est par ici.
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Lecture jeudi 17 décembre 2009 Mademoiselle Personne - Étincelle de mer
Littérature québécoise
Auteure Marie Christine Bernard
Éditeur Hurtubise HMH
Parution 2008
Nombre de pages 319
Note  9 / 10








Présentation de l'auteure

Professeure de lettres au Collège d'Alma, Marie Christine Bernard a grandi au bord de la Baie des Chaleurs, en Gaspésie. Son premier roman, Monsieur Julot, a été couronné Prix Découverte du Salon du Saguenay 2006. Elle vit aux abords de la belle forêt boréale où l'appelle souvent son besoin de silence, avec son amoureux, leur grand garçon, leurs deux chats et leur chien, sans compter les mouffettes, porc-épics, ours et autres orignaux qui peuplent les lieux.

Commentaire

À Sable-Rouge, un petit village gaspésien, Céleste Dugas, amoureuse des mots et de la mer, vivait avec son père, pêcheur l'été et menuisier l'hiver, sa mère, et Marie l'Indienne, servante de la famille, mais aussi amie. Elle aimait tant la mer qu'elle descendait chaque matin sur la plage pour s'y baigner. Or la mer, un jour, lui prit son amour, et du même coup son nom. Plus question de se faire appeler Céleste, dorénavant elle serait personne, Mademoiselle Personne. Depuis, elle s'assoit chaque jour devant la grande muraille d'eau dans l'attente du retour de l'homme qu'elle aime. Un retour où l'espoir n'a pourtant pas sa place.

Mais il y a plus qu'un banc devant la mer dans son histoire, plus qu'une féerie amenée par cette petite silhouette blanche et légère au bout d'un cap. Le drame et les fantômes qui pèsent sur son âme nous sont dévoilés par ceux qui ont partagé sa vie - Justin, un chambreur qui deviendra amant, Will, qu'elle aimera et perdra en mer, et Émile, un ami d'enfance qui fera tout pour la marier -, puis, au final, par elle-même. Quatre voix qui se suivent pour raconter une histoire tragique mais néanmoins merveilleuse.

Je comprends maintenant l'enthousiasme de Venise, cette étincelle dans ses yeux, lorsqu'elle m'a parlé pour la première fois du roman de Marie Christine Bernard. Elle retardait le moment de sa critique, parce qu'elle n'avait pas de mots pour décrire ce que tout son être m'a dit ce soir là, le livre dans les mains. Elle ne m'aurait rien dit du tout, et je crois qu'elle m'aurait quand même donné envie de lire Mademoiselle Personne. J'avais donc beaucoup d'attentes, mais je n'ai pas été déçu, loin de là. En fait, cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un récit avec autant de bonheur et de ferveur, complètement captivé par l'histoire, les cris et les images qui surgissaient d'entre les pages.

Ce qui fait la force de ce roman à mes yeux est d'abord sa crédibilité. Tout y paraît réel, vrai. Les personnages, chacun avec leur voix et leur personnalité singulière, ne sont pas des narrateurs, mais des orateurs qui, debout devant moi, cherchent à répondre à mes questions, des conteurs très habiles créés par une auteure tout aussi habile. Leurs dialogues sont le reflet parfait de leur situation sociale, de leur milieu de vie et de leurs énergies, passions et idéologies. Les détails et l'ambiance historique peints par l'auteure me semblent pleins d'exactitude : on s'imagine sans mal à la Pointe-à-Caillou, pendant la Deuxième Guerre mondiale. Vraiment, tout, mais tout est positionné pour que le lecteur y croit. Et ça marche, diable que ça marche!

Face à tout ce vraisemblable, il y aussi du mythe dans ce livre. Parce que ce lutin vêtu de blanc, une femme sans nom, qui fixe l'infinie ligne bleue du large dans l'espoir de voir apparaître au loin le bateau de son amant, bien sûr, fait penser de prime abord à une fable de village. Et c'est là ce qui est presque dérangeant, parce qu'on en vient à se demander comment l'auteure a pu faire pour rendre de façon aussi sentie, vigoureuse et tangible ce qui aurait pu sonner comme une légende autrement. Parce que s'il y a aussi du mythe, de l'imaginaire et de l'extravagant dans Mademoiselle Personne, cela est toujours aussi convaincant.

Et puis il a l'écriture de l'auteure. Un style très imagé qui participe largement à rendre l'ensemble vivant. De ces images, celle que je vois aujourd'hui encore en regardant la pochette du livre, c'est bien sûr l'image de cette relation hommes-mer omniprésente, véritable souffle qui semble entraîner ensembles tous les morceaux de l'intrigue. La mer comme je ne l'avais jamais vue avant, nourricière, bienfaisante, mais aussi hasardeuse et menaçante. De la plume de Marie Christine Bernard, je me souviendrai aussi de l'incroyable talent à faire vivre quatre voix qui s'harmonisent parfaitement, sans répétitions, l'une accompagnant l'autre, un entremêlement impeccable des fils qui font le suspense. Rebondissements aux détours garantis.

Venise m'a prêté son exemplaire, je crois que je vais m'en acheter un à moi. Par peur d'oublier cette œuvre magnifique si elle n'est pas dans ma bibliothèque. Ou alors je refuserai de la lui rendre... qu'en dis-tu Venise? Plus sérieusement, si vous cherchez un bouquin à donner en cadeau, mon choix cette année s'arrêterait sur celui là. Mademoiselle Personne de Marie Christine Bernard.

Quatrième de couverture

À Sable-Rouge, en Gaspésie, pendant la dernière guerre, une femme s'assoit chaque jour sur un banc, face à l'océan, dans l'attente d'un improbable retour. Vingt ans plus tôt, une goélette, construite par son père et baptisée en son honneur la Lady Céleste, a pris la mer en emportant l'homme qu'elle aime. Mais la goélette n'est jamais revenue et la femme attend toujours. Elle dit que seul le retour de la Lady Céleste lui rendra son nom; d'ici à ce jour, elle est mademoiselle Personne.

Autour de cette petite boiteuse à tête de lutin, fantasque et irraisonnée, gravite une galerie de personnages: Marie l'Indienne, qui veille jalousement sur elle; Émile Bourgeois, ami d'enfance et éternel soupirant; Jack, le gardien de phare; Justin, le jeune journaliste venu de la ville. Et bien sûr Will, le capitaine qu'elle a trop brièvement connu, l'homme qui, en achetant la Lady Céleste, s'est aussi emparé de son âme.

Quatre protagonistes - Justin, Will, Émile et Céleste elle-même - racontent à tour de rôle un bout de l'histoire, permettant au lecteur de reconstituer un drame tissé par ce que le genre humain a de pire et de meilleur en lui.

Citations et extraits

Et pour une rare fois, je n'ai qu'une seule citation pour un roman que j'ai adoré, parce que, trop pris par les mots, j'ai oublié de noter les phrases :

"Que sait-on en vérité de ce que désirent les secrets?"

D'autres ont aimé...

- Le commentaire de Venise
- Critique de Jean-François Caron sur Voir.ca
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Arts et culture jeudi 17 décembre 2009 Slumdog Millionnaire - Jai Ho
Tant qu'à être parti sur les vidéos, regardez celui-là, tiré de la fin de ce bijou de film qu'est Slumdog Millionnaire.
 
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Arts et culture mercredi 16 décembre 2009 Lip dub
J'avais l'intention de vous parler de ce lip dub (c'est quoi un lip dub?) tourné aux urgences d'un hôpital du Saguenay qui a tant fait parler hier aux nouvelles (voir ici). Pour pas grand chose finalement, franchement, qu'ils s'amusent eux aussi, plus eux que d'autres d'ailleurs, avec toutes les heures supplémentaires qu'ils doivent faire et le stress relié à leur travail, ils le méritent amplement!
 
Mais comme ils ont supprimé leur vidéo de Youtube - et c'est dommage -, je vous présente un autre lib dub, tourné celui là par des étudiants en communication de l'UQAM. Je trouve l'exercice plutôt amusant! Dans le cadre d'une initiation, c'est une activité qui aide vraiment les nouveaux à s'intégrer et surtout qui ne vise pas l'humiliation!
 
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